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«Cultes religieux: des enfants oubliés»: des vies marquées à jamais

«Cultes religieux: des enfants oubliés»: des vies marquées à jamais
PHOTO COURTOISIE/Club illico

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Prisonniers d’un mode de vie imposé par des groupes religieux fermés installés au Québec, de très nombreux enfants subissent des sévices et ne reçoivent pas une éducation adéquate. Tout ça dans le plus pur anonymat. Avec le documentaire «Cultes religieux: des enfants oubliés», disponible jeudi sur Club illico, Marie-Claude Barrette se penche sur cette problématique dérangeante. 

Confidences troublantes

Grâce à des témoignages émouvants de gens résilients qui ont choisi de s’extirper d’un milieu malsain, on reçoit comme une gifle l’information que des tout-petits, des jeunes et des adolescents grandissent au sein de sectes, de groupes ou sous l’emprise d’un gourou sans qu’on lève un doigt pour eux.

Pourtant, aujourd’hui, loin de cette «autre planète», certains «ont accepté de s’ouvrir, d’ouvrir des plaies», comme le détaille Marie-Claude Barrette.

«Ils ne le font pas pour eux; ils le font pour ces milliers d’enfants qui sont dans des cultes religieux fermés. Il y en a plusieurs qui subissent certains sévices. Et de voir qu’ils le font pour ceux qui arrivent après, je trouve ça très touchant.»

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Marie-Claude Barrette sur QUB radio: 

Si leur force est évidente, on voit bien qu’ils ont vécu des années de souffrance et qu’ils auraient tout donné pour qu’on leur tende la main.

«On ressent leur détresse, exprime la réalisatrice Patricia Beaulieu. Ces gens-là ont besoin d’être soutenus, d’être enveloppés. Plusieurs ont vécu des chocs post-traumatiques. Ils sont médicamentés, ont de la misère à vivre en société, à faire confiance à l’autre.»

Qu’ils soient sortis de leur enfer depuis quelques années ou une plus longue période ne change rien au mal-être tapi au fond d’eux.

«Très progressivement, j’ai vu à quel point j’étais décalée du monde. Quand tu sors d’une secte, la secte n’est pas sortie de toi. Ça, c’est long», le confirme dans le documentaire Myriam Keyzer, née en Belgique, mais parachutée au Québec, dans une secte, alors qu’elle n’était qu’un bébé.

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PHOTO COURTOISIE/Club illico

Besoin de comprendre

Si, à la lumière des rencontres, l’équipe a voulu en savoir plus sur les raisons expliquant l’absence de hordes d’enfants dans les registres de l’État, elle voulait éviter «un dialogue de sourds» avec les têtes dirigeantes des communautés religieuses fermées.

Par contre, elle aurait bien aimé obtenir quelques réponses de la part de ceux et celles qui dirigent notre province.

«On est allés chercher ceux qui ont déjà eu le pouvoir, qui ont déjà eu à prendre des décisions, qui ont voulu brasser les choses, mais on fait du documentaire en temps de pandémie et ce n’est pas évident de rejoindre le gouvernement», explique Patricia Beaulieu.

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PHOTO COURTOISIE/Club illico

Du changement?

Malgré des réponses et des statistiques qui ne viennent toujours pas, Marie-Claude Barrette entrevoit une lueur d’espoir.

«Tout ce qu’on vient de vivre, depuis presque la dernière année, nous fait comprendre c’est quoi être confiné. On peut comprendre un peu ce qui se passe dans une communauté fermée et isolée.»

«J’espère que ce documentaire éveillera des consciences et que le gouvernement fera en sorte que tous les enfants du Québec aient accès à la même sécurité, qu’on soit là pour eux. Quand les gouvernements n’entendent pas, il ne faut pas oublier que comme citoyen, on peut faire de la pression.» 

  • Le documentaire en deux parties «Cultes religieux: des enfants oubliés» sera déposé demain, jeudi, sur le Club illico.