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États-Unis: le week-end de tous les dangers

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Déjà, 2020 avait été une année record pour les ventes d’armes à feu aux États-Unis : 21 millions d’armes vendues, en hausse de 73 % par rapport à 2019. Après l’attaque du Capitole la semaine dernière, elles ont explosé. Les stocks de munitions sont épuisés. Certains magasins n’en vendent qu’avec l’achat d’une arme. Tout le monde se prépare à ce qui va arriver durant le week-end.

Cette course folle aux armes à feu reflète l’inquiétude qui gagne l’ensemble du pays confronté à une conjonction de calamités angoissantes : explosion de la pandémie, chômage et, surtout, une élection présidentielle accompagnée de troubles civils incités par un empereur fou qui refuse son statut de loser. 

Un soulèvement national pro-Trump est à craindre

Le FBI prévoit des « manifestations armées » dans les 50 capitales d’États et à Washington à compter du week-end. Selon la sûreté fédérale américaine, ces troubles vont se poursuivre jusqu’à l’investiture de Joe Biden mercredi prochain et peut-être après. Des menaces de mort ont été proférées contre Joe Biden, Kamala Harris et Nancy Pelosi.

Ne voulant pas être prises au dépourvu une seconde fois, les autorités déploient 15 000 membres de la garde nationale à Washington. La force militaire de réserve annonce qu’elle surveille la situation à travers le pays et qu’elle se prépare à soutenir les polices locales.

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Les services de renseignement avertissent que les éléments armés se préparent, le jour de l’assermentation de Biden, à mener un nouvel assaut contre le Capitole. Le mot « guerre » est utilisé par les extrémistes dans leurs échanges. Seize groupes pro-Trump ont fait savoir qu’ils avaient l’intention de participer à cette manifestation.

L’extrême droite américaine est sur un pied de guerre depuis des mois. Au printemps, des militants ont organisé des manifestations dans de nombreuses capitales d’État pour s’opposer aux mesures de lutte contre la pandémie et affirmer leur droit de porter des armes à feu. Samedi dernier, des manifestants en tenues camouflées, armés de fusils d’assaut, ont entouré le Capitole du Kentucky jurant leur fidélité indéfectible à Trump.

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À tout hasard, un comité législatif du Michigan vient de voter l’interdiction de porter ouvertement des armes à feu à l’intérieur du Capitole de l’État. C’était jusqu’ici légal. Only in America ! Le FBI a déjoué en octobre un complot visant à kidnapper et tuer sa gouverneure.

Le Pentagone n’attend que l’ordre pour intervenir­­­

Les services de police, même appuyés par la garde nationale, pourront difficilement contenir des militants pro-Trump armés s’ils attaquent simultanément tous les Capitoles des États-Unis. Les forces de maintien de l’ordre vont être débordées. Le Pentagone pourrait alors être appelé à intervenir plus directement. Lui aussi s’y prépare depuis longtemps.

Le US Northern Command a été créé à la suite de l’attentat­­­ du 11 septembre 2001 pour « planifier, organiser et exécuter des missions de défense intérieure et de soutien aux autorités civiles. »  

Mais sait-on jamais ? Comme disait le chancelier allemand Bismarck : « Il y a une providence qui protège les idiots, les ivrognes, les enfants et les États-Unis d’Amérique. »


À la suite des présidentielles, les États-Unis sont plus divisés que jamais alors que Trump refuse sa défaite avec l’appui d’une majorité d’élus et d’électeurs républicains. Normand Lester explique, dans son nouveau livre Stupides et dangereux. Les États-Unis à l’ère de Trump, comment le pays en est arrivé là.