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Les constructions en bois boudées au Québec, mais exportées en France

Les constructions en bois boudées au Québec, mais exportées en France
Photo courtoisie Graam Architecture

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Les politiciens québécois parlent de la construction en bois depuis des années, mais c’est en France qu’une entreprise québécoise a contribué à l’érection d’un stationnement à étages en bois massif, une première qui risque de se reproduire.

Chantier Chibougamau veut même devenir le «Ikea» de la construction: l’entreprise fournit les plans et les poutres aux constructeurs, et ceux-ci peuvent rapidement assembler la structure.

C’est ainsi que la française Forestarius, spécialisée dans les constructions en bois, a procédé pour bâtir un stationnement de 565 places à Dijon en quelques mois. «On assemble la structure comme on assemble une étagère Ikea dans notre cuisine», explique le président de Forestarius, Thierry Coursin. «La qualité du bois travaillé à Chibougamau, on ne l’a pas en France: le bois que nous importons a une densité qui permet des constructions plus solides», dit-il.

  • Écoutez l'entrevue avec Frédéric Verreault, directeur exécutif du développement corporatif du groupe Chantiers Chibougamau

Plus vert que l’acier

Et Chantiers Chibougamau a les moyens de ses ambitions: l’entreprise dit pouvoir produire de deux à trois stationnements comme celui de Dijon chaque semaine.

L’usage du bois dans la construction commerciale comporte plusieurs bénéfices. La construction est plus rapide et la légèreté de la structure diminue drastiquement les travaux d’aménagement des fondations par exemple. Mais c’est surtout pour ses vertus environnementales que l’on assiste à sa renaissance dans le secteur commercial et institutionnel.

En poussant, l’arbre capte du gaz carbonique et lorsqu’on l’abat et le transforme en bois d’œuvre, le bois d’un bâtiment agit ainsi comme un puits de carbone. Son avantage est encore plus grand lorsqu’on le compare à l’acier et au béton, qui produisent énormément de gaz à effet de serre lors de leur production.

C’est d’ailleurs pourquoi la France exige de plus en plus l’usage du bois dans les nouvelles constructions. C’est ce matériau qui servira à l’érection du village olympique des JO de Paris en 2024. Pendant ce temps, le Québec piétine, note Frédéric Verreault, directeur du développement corporatif de Chantiers Chibougamau.

L’entreprise n’est pas «amère», mais elle constate que la filière du bois stagne au Québec, alors qu’elle décroche des contrats en Ontario, aux États-Unis et en France, et ce, malgré les discours des élus québécois. «Nul n’est prophète en son pays», ajoute-t-il.

Il souligne d’ailleurs que Chantiers Chibougamau a déjà construit près de 200 ponts forestiers au Québec, mais que malgré ses demandes, Québec n’a pas évalué la possibilité d’utiliser le bois pour des ouvrages de génies civils. «Pourtant, la technologie est testée, aguerrie, très compétitive et rapide. En moins d’une semaine, on peut installer un viaduc», affirme-t-il.