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«Nous devons défendre Trump!»: la fidélité des loyalistes au Congrès

«Nous devons défendre Trump!»: la fidélité des loyalistes au Congrès
Photo AFP

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Lâché par l’establishment républicain, sur le point de recevoir la marque infamante d’une deuxième procédure de destitution, Donald Trump reste néanmoins très soutenu par de nombreux élus loyalistes au Congrès, qui crient, comme lui, à la «chasse aux sorcières».

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Intérêt électoral ou pure conviction?

Des républicains de la Chambre proclament en tout cas haut et fort leur fidélité, malgré l’assaut du Capitole le 6 janvier par des manifestants pro-Trump et la perspective de son «impeachment» mercredi pour «incitation à l’insurrection».

Et continuent de soutenir la théorie, sans fondement, qu’il a en fait remporté l’élection présidentielle du 3 novembre contre le démocrate Joe Biden.

«Le président Trump a été le dirigeant de ce parti et continuera à être un leader du parti», a déclaré mardi à l’AFP Jim Jordan, à sa sortie d’une commission parlementaire en cette semaine décisive pour la fin de mandat du milliardaire républicain, qui doit quitter la Maison Blanche le 20 janvier.

«Bien sûr qu’il gardera une grande influence», a ajouté ce représentant républicain de l’Ohio. 

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Sur le point de devenir le premier président des États-Unis à subir deux fois l’infamie d’une procédure de destitution, il apparaît dans la tourmente, lâché même par certains républicains qui le dénoncent en des termes très virulents.

Face à eux, ses fidèles donnent de la voix.

«Nous devons défendre Donald Trump», a tweeté mardi Taylor Greene, qui représente depuis janvier à la Chambre un fief conservateur de la Géorgie. Donald Trump «n’a rien dit de mal» aux manifestants avant l’attaque du Capitole, a-t-elle martelé sur la chaîne ultra-conservatrice Newsmax, qu’apprécie le président sortant.

«Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles», avait-il lancé à ses sympathisants le 6 janvier, tout en annonçant que la foule allait marcher vers le Congrès pour que leur voix soient entendues de façon «pacifique et patriote».

«Il n’a pas soutenu les émeutes, il ne les a pas planifiées», a dit Marjorie Taylor Greene, proche du mouvement complotiste QAnon. «La chasse aux sorcières de cette semaine n’est donc qu’une prolongation de ce que nous avons vu lors des quatre années» de mandat Trump.

Immense influence

Après les violences qui ont fait cinq morts, les parlementaires avaient repris dans la nuit du 6 janvier le vote pour certifier la victoire de Joe Biden. Et environ les deux tiers des républicains de la Chambre avaient maintenu leur objection à la certification des voix dans des États clés, faisant écho aux théories du complot de Donald Trump.

Une demi-douzaine de sénateurs avaient fait de même mais l’influent chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell, avait lui averti que refuser la victoire de Joe Biden plongerait la démocratie américaine dans une “spirale mortelle”.

Profondément choqués par l’attaque contre le Capitole, des démocrates ont depuis accusé Donald Trump d’avoir incité «au terrorisme intérieur».

Appeler les quelques 75 millions d’Américains qui ont voté pour le magnat de l’immobilier «des terroristes intérieurs, ce n’est pas plaider pour le rassemblement», a taclé mardi Lauren Boebert, nouvelle élue conservatrice à la Chambre.

Portant une casquette pro-Trump sur son profil Twitter, celle qui s’est faite connaître en annonçant qu’elle comptait garder son arme de poing au Congrès, avait accueilli le 6 janvier comme un jour révolutionnaire. «Aujourd’hui, c’est 1776», date de l’indépendance des États-Unis, avait-elle tweeté le matin.

Contrairement à d’autres présidents américains d’un seul mandat comme Jimmy Carter ou George Bush, le magnat de l’immobilier «détient encore une immense influence au sein de son propre parti» malgré sa défaite, souligne Kyle Kondik, politologue à l’université de Virginie.

Beaucoup d’élus républicains «ont peur du rejet aussi bien du président que de leurs propres électeurs, dont beaucoup restent plus loyaux à Trump qu’au parti». Mais peut-être qu’en plus de l’épisode violent du Capitole, son départ de la Maison Blanche sapera «son pouvoir», nuance-t-il.

Pour le vétéran républicain du Congrès Michael Burgess, seul le «temps dira» si l’influence du milliardaire perdurera. «Mais ce que je sais, c’est que ce président a été unique car il écoutait les gens», a confié le républicain mardi à l’AFP. «Et je sais aussi qu’en ce moment, les gens se demandent si quelqu’un va les écouter, ou porter leurs voix».