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Trump mis en accusation au Congrès pour la deuxième fois

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WASHINGTON | Le président américain Donald Trump a été mis en accusation mercredi au Congrès, un deuxième «impeachment» historique une semaine avant la fin de son mandat qui s’achève dans la confusion et dans un climat d’extrême tension. 

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La Chambre des représentants, dominée par les démocrates, s’est prononcée en faveur de l’«impeachment» par 232 voix contre 197.

Le milliardaire républicain de 74 ans, qui cèdera la place à Joe Biden le 20 janvier, est accusé d’avoir encouragé l’assaut de ses partisans contre le Capitole qui a fait cinq morts et ébranlé la démocratie américaine.    

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«Il doit partir, il est un danger évident et immédiat contre la nation que nous aimons tous», avait déclaré peu avant Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre, l’accusant solennellement d’avoir «incité à cette insurrection, cette rébellion armée».

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À quelques jours de son départ pour Mar-a-Lago, en Floride, où il devrait entamer sa nouvelle vie d’ex-président, Donald Trump apparaît extrêmement isolé.

«Pas d’excuse»

Contrairement à l’acte d’impeachment dans l’affaire ukrainienne il y a plus d’un an, plusieurs républicains - 10 au total - ont voté en faveur du renvoi en procès. Parmi eux, Dan Newhouse a martelé qu’il n’y avait «pas d’excuse pour les actes du président Trump».

Ce vote marque l’ouverture formelle de la procédure de destitution contre Donald Trump, et il appartient désormais au Sénat de le juger.

Mais ce procès soulève de nombreuses questions et ouvre un nouveau chapitre inédit de l’histoire américaine. Il ne s’ouvrira pas avant le 19 janvier, voire plus probablement après l’investiture de Joe Biden, risquant d’entraver l’action législative des démocrates au début de leur présidence, en monopolisant les séances.

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Quelques heures avant le vote, et dans une ville de Washington sous haute tension, Donald Trump avait lancé un nouvel appel au calme tardif.

«PAS de violence, PAS de délits, PAS de vandalisme», a-t-il exhorté dans un communiqué alors que de nouvelles manifestations sont annoncées pour le week-end.

«J’appelle TOUS les Américains à contribuer à apaiser les tensions», a ajouté celui qui a été privé ces derniers jours de l’essentiel de ses canaux de communication préférés sur les réseaux sociaux.

La capitale fédérale, placée sous très haute sécurité, était méconnaissable.

Militaires au Capitole

Images saisissantes: des dizaines de militaires réservistes ont passé la nuit à l’intérieur du Congrès, dormant encore à même le sol alors même que les élus affluaient.

Des blocs de béton ont été disposés pour bloquer les principaux axes du centre-ville, d’immenses grilles métalliques entourent nombre de bâtiments fédéraux, dont la Maison-Blanche. La Garde nationale est omniprésente.

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Toute la journée, les débats ont été vifs.

L’élue démocrate Ilhan Omar a qualifié Donald Trump de «tyran». «Nous ne pouvons simplement pas tourner la page sans rien faire», a-t-elle lancé.

Chez les républicains, les positions étaient plus contrastées. Des fervents soutiens du milliardaire républicain l’ont défendu bec et ongles, à l’instar de Jim Jordan qui a dénoncé « une obsession » des démocrates. Ou de Matt Gaetz qui a souligné que « des millions de personnes aiment tellement » le président sortant.

Mais d’autres ont pris clairement leurs distances.

«Le président porte une responsabilité dans l’attaque» contre le Congrès «par des émeutiers», qu’il «aurait dû dénoncer immédiatement», a reconnu le chef de file des députés républicains Kevin McCarthy, demandant une «commission d’enquête» et le vote d’une «motion de censure».

Il a toutefois estimé qu’une mise en accusation si près de la fin de son mandat serait «une erreur».

Mardi, Donald Trump avait tenté de réduire la procédure le visant à une énième «chasse aux sorcières». Et avait obstinément refusé de reconnaître la moindre responsabilité dans l’assaut contre le Capitole, jugeant que son discours avait été «tout à fait convenable».

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Impossible de juger Trump avant son départ de la Maison-Blanche

Il est impossible que le Sénat puisse juger de manière «équitable» Donald Trump avant la fin de son mandat, a estimé mercredi le chef républicain de la chambre haute, Mitch McConnell.

«Il n’y a simplement aucune chance de pouvoir conclure son procès de manière sérieuse et équitable avant la prestation de serment du président élu», Joe Biden, mercredi 20 janvier, a-t-il déclaré dans un communiqué.

La Chambre des représentants a mis en accusation mercredi le président pour «incitation à l’insurrection» après l’assaut du Capitole par ses partisans et il revient désormais, en vertu de la Constitution, au Sénat de le juger.

«Donald Trump a mérité de devenir le premier président de l’histoire américaine marqué à deux reprises par la tache de l’“impeachment”», a commenté pour sa part le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, en référence au premier procès en destitution du milliardaire républicain, il y a un an.

Même s’il est cette fois jugé après son départ de la Maison-Blanche, «il y aura un vote sur sa culpabilité», a ajouté le démocrate. «Et s’il est déclaré coupable, il y aura un vote pour l’empêcher d’être à nouveau candidat.»

Les démocrates disposeront alors de 50 voix au Sénat, autant que les républicains. Il faudra une majorité des deux tiers pour le condamner.

L’influent Mitch McConnell, qui fut jusqu’ici un des alliés les plus solides du président républicain, a fait savoir qu’il n’excluait pas de voter avec les démocrates.

«Je n’ai pas pris ma décision définitive sur mon vote, j’ai l’intention d’écouter les arguments juridiques quand ils seront présentés au Sénat», a-t-il écrit à ses collègues républicains dans une note rendue publique.