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Un toxicomane tue un inconnu pour le voler

Il a été condamné à la prison à vie, mercredi, à Montréal

Meurtre Boris Gagnon
Photos courtoisie Boris Gagnon (en mortaise), âgé de 46 ans, a été poignardé à mort dans une ruelle du centre-ville de Montréal, près du square Viger, le matin du 18 septembre 2018.

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Un toxicomane montréalais qui a poignardé un pur inconnu en plein cœur afin de le voler a écopé mercredi de la prison à vie sans possibilité de libération avant 14 ans. 

« C’était intentionnel, cruel, violent et sournois. Pour voler quelques dollars, ça démontre un manque flagrant de considération pour la vie humaine », a insisté le juge Alexandre Boucher.

C’est ainsi que le magistrat a qualifié le crime odieux commis par Danny Brochu il y a plus de deux ans. Le drame s’est joué à quelques coins de rue à peine du lieu où l’homme de 42 ans a reçu sa sentence, mercredi, au palais de justice de Montréal. 

Le matin du 13 septembre 2018, Brochu et un autre homme, Sébastien Carrara, ont suivi la victime dans les environs du square Viger. Vers 7 h, Carrara a attiré Boris Gagnon dans une ruelle sans caméra dans le but de lui soutirer de l’argent. 

Le duo de toxicomanes avait ciblé l’inconnu de 46 ans à cause de sa nature chétive.

Leur plan a mal tourné et la victime a été poignardée à une reprise en plein cœur. 

Selon la preuve présentée au procès de Brochu, avant les Fêtes, c’est celui-ci qui a porté le coup fatal à M. Gagnon. 

Il a d’ailleurs été arrêté en possession du couteau ensanglanté, le lendemain, alors qu’il dormait dans un parc.

Un jury a déclaré Brochu coupable de meurtre non prémédité lundi, mais il soutenait encore mercredi ne pas avoir tué la victime. 

« Je reconnais avoir été là, mais pas de l’avoir poignardé », a maintenu Brochu en répondant aux questions de MAlexis Dinelle, qui représente la Couronne avec Me Nadia Bérubé. 

Son complice l’incrimine

Carrara, pour sa part, a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire cinq mois après le meurtre. Il a ensuite témoigné contre son complice. 

« M. Carrara est menteur comme un arracheur de dents. Il a pris vite une sentence de huit ans pour s’en tirer à bon compte, mais peut-être qu’il a participé plus qu’il ne le dit », a plaidé la défense. 

Me Élise Pinsonnault a suggéré au juge d’imposer un minimum de 12 ans de prison à son client, arguant qu’il « devrait avoir la chance d’essayer de se réhabiliter ».

Aux yeux de la Couronne, le tueur devait passer au moins 16 ans en taule.

Brochu cumule plus d’une centaine de condamnations depuis 1997 et traîne un problème de consommation de crack qui ont culminé jusqu’à la mort gratuite d’un homme innocent, a plaidé Me Dinelle. 

Le juge Boucher a coupé la poire en deux.