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Les formations aux infirmières données «sur le tas» à Maisonneuve-Rosemont

Les formations aux infirmières données «sur le tas» à Maisonneuve-Rosemont
Joël Lemay / Agence QMI

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La formation aux soins intensifs destinée aux infirmières de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, est passée de trois mois à quelques heures seulement. 

TVA Nouvelles a appris que ces infirmières – qui arrivent en renfort parfois d’ailleurs dans le réseau ou qui reviennent sur le marché du travail – sont privées d’une formation plus solide en ces moments critiques. C’est ce qu’affirme Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnelles en soins de l'Est-de-l'Île (SPS-ESTIM), qui estime que la formation est donnée «sur le tas».

«Une formation de trois mois se donne en quelques heures. Maintenant, vous allez vous référer à une infirmière plus expérimentée si vous avez des questions. Et voilà, allez travailler aux soins intensifs! C’est une très grande source d’anxiété», a jugé M. Cloutier.

Des patients COVID dans les corridors

Mardi, on apprenait que l’urgence de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et celle de l’Hôpital Santa Cabrini étaient aux prises avec des éclosions de COVID-19.

Même si les services y étaient maintenus, le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal invitait la population à éviter ces deux urgences.

«Quand on entasse nos patients dans les hôpitaux, comme c’est le cas dans les hôpitaux de l’Est de Montréal, avec des urgences qui ont des niveaux de 150% d’occupation comme c’est le cas depuis deux semaines, avec des patients atteints de la COVID couchés sur civière, c’est certain qu’on augmente le risque de transmission», a dénoncé Denis Cloutier.

«La meilleure façon de lutter contre la COVID, c’est que les patients positifs soient isolés dans des unités distinctes et idéalement dans des bâtiments distincts», a-t-il plaidé.

Moral au plus bas

Selon le syndicaliste, le moral des troupes est bas. Les infirmières et les inhalothérapeutes qu’il représente ont beaucoup de pression sur les épaules, encore plus que lors de la première vague.

«On a déjà perdu beaucoup de monde depuis la première vague. On leur impose du temps supplémentaire obligatoire à un niveau qui devient rapidement insupportable, qui pousse les gens vers l’épuisement, qui leur donne envie de reconsidérer leur carrière ou de tomber en maladie», a dénoncé le président du syndicat.

En l’espace d’un mois à Montréal, les hospitalisations sont passées de 320 à 740, pour une capacité maximale de 1000 lits. Ainsi, le 3⁄4 des lits COVID sont actuellement occupés.

Le délestage effectué au cours des dernières semaines a permis d’ajouter 350 lits, dont 43 lits de soins intensifs.