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Sommes-nous une bande de tricheurs?

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Le Québécois possède l’art de tirer la couverture de son bord. Nous sommes des entêtés volontiers dociles de façade, mais toujours prompts à se révolter en cachette.

C’était spectaculaire dans les aéroports, avant Noël, et on a vu plus récemment des gens défier ouvertement le pouvoir par des comédies folichonnes (comme cet homme en laisse promené comme un chien), mais nos principales incartades collectives sont plus hypocrites. 

Moi-même enfermé dans ma cellule comme tout prisonnier, j’ai au moins l’avantage d’avoir une vue imprenable sur le fleuve Saint-Laurent et le pont Champlain. Samedi soir dernier, j’étais ébahi devant la docilité des Québécois, docilité soulignée le lendemain par François Legault et dont témoignait l’absence de voiture sur le pont Champlain. Psychologiquement tabassée par les alertes téléphoniques (bilingues contre l’esprit de la loi 101 et comportant une faute de français grossière), la population obéissait au couvre-feu.

Reprise

Dans la nuit de dimanche à lundi, vers 21 h, je jette un coup d’œil et... hop ! Des voitures filaient à vive allure vers Montréal ou la Rive-Sud. Il y en avait peu, mais continuellement. On était déjà loin du quasi vide de la veille. 

Et voilà que les nuits du lundi à mardi et du mardi à mercredi, j’assiste tout simplement à un spectacle de va-et-vient pas du tout normal en temps de couvre-feu. On ne me fera pas croire que chacune de ces centaines de voitures transporte des médicaments ou un travailleur en transit. Seulement, comme on ne voit pas de gyrophares, le Québécois s’accommode des mesures. 

Tempérament normand

En est-il ainsi sur les ponts Pierre-Laporte à Québec ou Laviolette à Trois-Rivières ou MacDonald-Cartier à Gatineau ? Si j’étais de la police, je patrouillerais davantage mes principaux ponts. Je me demande quel prétexte les gens donneront aux agents.

À quoi attribuer notre propension à la tricherie ? À notre héritage normand ? Je donne ma langue au chat.