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Trump, ennemi public de la liberté

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Photo d'archives, AFP

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En suspendant les principaux comptes de Donald Trump sur les médias dits sociaux, dont Twitter et Facebook, les géants du web ont-ils mis en danger le principe même de la liberté d’expression ? Non.

En démocratie, la liberté d’expression d’un président sortant capable d’inciter ses supporteurs à une tentative de coup d’État au Capitole, ne mérite aucune protection. Le sang des morts éclaboussé sur ses planchers en fait foi.

Ce ne sont pas les « idées » de Trump qui, sous le coup des conglomérats numériques, sont passées à la trappe. Depuis des années, ils l’avaient d’ailleurs laissé tout à fait libre d’y cracher son venin d’extrême droite à la face de la planète entière.  

Cela lui a permis d’élargir considérablement sa « base » de disciples et de propager en toute impunité ses préceptes les plus racistes, xénophobes, complotistes, misogynes, antisémites, etc.

Sans broncher, ils l’ont laissé ériger sur le web la haine et la polarisation extrême en dogmes au sein de ses propres rangs. Quand il s’en est pris aux médias en les qualifiant d’« ennemis du peuple » et de « fake news », ils l’ont laissé dynamiter un des piliers majeurs de la démocratie. 

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Contaminant en chef

Bref, ils ont laissé l’homme le plus puissant du monde contaminer des millions d’esprits par sa haine agissante et digne des régimes les plus autocratiques. Un président élu certes démocratiquement, mais dont l’objectif obsessif est de miner la démocratie sous toutes ses formes.

Le vrai problème est que les mastodontes du web ne lui aient pas retiré ses crachoirs numériques bien avant l’insurrection du 6 janvier. Si Trump en est expulsé, ce n’est donc pas pour son « idéologie » d’extrême droite. 

C’est parce qu’il a incité ses disciples, volontairement et de manière répétitive, à une invasion terroriste du Capitole pour dénoncer la victoire de Joe Biden, qu’il jure frauduleuse. Du jamais-vu.  

S’il ne peut plus « gazouiller », c’est qu’il y a eu des morts. Que ses supporteurs ont saccagé le Capitole et menacé la vie du vice-président Mike Pence, de tous les élus présents, des policiers et des gardes de sécurité.

En incitant à une attaque violente du Capitole, Trump s’est comporté comme l’ennemi juré, et non pas l’allié, de toutes les libertés. Parce que sans démocratie, aucune n’est possible. Y compris la liberté d’expression.

Prochain combat

Pour les sceptiques restants, les images horrifiantes de l’émeute du 6 janvier confirment le danger public qu’est Donald Trump. Si, pour la deuxième fois de sa présidence, il est soumis urgemment à la procédure de destitution, c’est parce qu’il a nourri la hargne, sciemment, des émeutiers du Capitole.  

Pour un président, c’est un acte inimaginable de sédition. Pour ne pas dire, de trahison. Il y a même pire. Une fois parti de la Maison-Blanche et banni de certains médias sociaux, le poison trumpien ne s’évaporera pas pour autant.

Ses fidèles sont trop nombreux pour rentrer docilement dans leurs terres. Trump est leur Jésus, dont ils espéreront activement la résurrection politique. Leurs canaux de communication, même réduits à leur tour, réapparaîtront au fond d’autres cavernes numériques. 

Le prochain combat pour la démocratie, il est là. Contre le trumpisme sans Trump à la Maison-Blanche.