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Club de Foot Montréal: ça va donner quoi?

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Photo d’archives Pourquoi changer une marque de commerce que l’on connaissait depuis 28 ans?

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Aimez-vous le nouveau nom de notre équipe de soccer ? Pardon, de foot puisqu’on doit maintenant dire le Club de Foot Montréal. Ça vous branche ?

Pour commencer, on s’entend pour dire que la première règle pour la bonne marche d’une équipe sportive repose sur ses performances.

Le Canadien fait exception à cette règle parce que c’est une institution de 112 ans. Qu’il gagne ou qu’il perde, ses partisans lui restent fidèles.

Les Alouettes et ce qui est devenu le Club de Foot Montréal ne bénéficient pas de cet avantage. Ils doivent gagner pour jouer devant des gradins remplis au stade Percival-Molson et au stade Saputo.

Pour nous, c’est soccer

Cela dit, je ne suis pas vendu à la nouvelle appellation annoncée hier par Joey Saputo et Kevin Gilmore. Quand je pense au foot, ce sont les Alouettes qui me viennent à l’esprit. Le diminutif de football est institutionnalisé partout dans le monde, sauf sur notre continent.

Pour nous, Nord-Américains, le terme soccer demeure ancré dans notre vocabulaire. Pour moi, et j’oserais dire pour bon nombre d’entre vous, le football, c’est la NFL et la Ligue canadienne.

Je n’ai pas la prétention d’être un expert en marketing, mais pourquoi changer une marque de commerce que l’on connaissait depuis 28 ans ?

L’Impact était un naturel, au même titre que le Canadien et les Alouettes.

Les réactions étaient mitigées chez les amateurs, hier. À propos, on pouvait voir dans les réseaux sociaux le logo de la ville de Bloomington, dans l’Indiana, dont les composantes s’apparentent à celui de notre club de foot.

Des surnoms qui restent

J’ai donné un coup de fil à mon collègue Réjean Tremblay pour connaître ses impressions. Réjean non plus n’arrive pas à comprendre.

« Les Nordiques ont existé durant 23 ans et ils sont partis depuis 25 ans », a-t-il dit.

« Mais ils demeureront toujours les Nordiques. Et s’ils reviennent, ils ne pourront pas s’appeler autrement. C’est la même chose pour les Expos. Si le baseball revient à Montréal, l’équipe ne s’appellera pas les Rays.

« Pour nous, ce sera les Expos. »

Les Jets de Winnipeg ont ressuscité lorsque les Thrashers d’Atlanta ont quitté la Géorgie pour le Manitoba.

Vous rappelez-vous des Concordes de Montréal ?

C’était le surnom qui avait remplacé celui des Alouettes après le désastre Skalbania, en 1981. Le changement avait été rendu nécessaire parce que Skalbania avait conduit les Alouettes à la faillite en accordant des contrats démesurés à Vince Ferragamo, Billy « White Shoes » Johnson et David Overstreet.

De plus, le nom Concorde ne répondait pas aux normes grammaticales puisque les noms propres ne s’accordent pas au pluriel. L’équipe a retrouvé son surnom des Alouettes lorsque les obstacles légaux ont été levés en 1986.

Ligue distinctive

La MLS est a priori une ligue nord-américaine même si le foot ou le soccer – c’est comme vous voulez – est un sport international. La ligue est regardée de haut par les puristes du milieu.

Alors, pourquoi la MLS ne cultiverait-elle pas davantage son image distinctive ?

Les joueurs étrangers seront-ils plus nombreux à venir jouer à Montréal parce que le logo a un cachet plus international ?

Non, car c’est l’argent qui fait pencher la balance et on sait que le Club de Foot Montréal n’a pas les moyens financiers d’attirer des joueurs vedettes.

Le plan du directeur sportif Olivier Renard passe par le recrutement, le développement et le marché des transferts.

« C’est en réinvestissant dans le recrutement et le développement de l’argent encaissé dans les transferts qu’on connaîtra du succès », m’avait expliqué Gilmore dans une entrevue réalisée en octobre dernier.

Souhaitons que ce soit pour bientôt.