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Ici Radio-Florida

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Alors comme ça le grand patron de Radio-Canada, Michel Bissonnette, a passé presque tout le mois de décembre en Floride, se foutant complètement des recommandations des autorités de la santé publique ?

C’est ironique. Pendant que les journalistes du service d’information présentaient des reportages sur les « snowbirds » qui s’envolaient vers le Sud au mépris des règles édictées par Ottawa, le supérieur hiérarchique du directeur de l’information se prélassait sous le soleil de Miami, dans son condo donnant directement sur la plage ?

Si j’étais Céline Galipeau ou Patrice Roy, je ne la trouverais pas drôle.

LES GRANDS MANDARINS

Christopher Nardi du National Post a révélé hier que Monsieur Bissonnette a séjourné à Miami du 2 au 27 décembre, pour s’occuper du condo qu’il détient là-bas. (Dans un communiqué laconique diffusé hier, Monsieur Bissonnette s’est excusé « auprès des employés et des citoyens » ).  

Vous me direz que Monsieur Bissonnette n’est pas un élu, que son cas est moins grave que ceux de Pierre Arcand (Parti libéral) ou Youri Chassin (CAQ) ? Mais Michel Bissonnette est numéro deux d’une société d’État (et j’insiste ici sur le mot État).

La moindre des choses serait qu’il respecte sinon la lettre du moins l’esprit des recommandations en matière de voyage édictées par... l’État.

Est-il besoin de rappeler ce qui se trouve sur le site du gouvernement ? « Il est recommandé aux citoyens canadiens et aux résidents permanents d’éviter tout voyage non essentiel à l’extérieur du Canada jusqu’à nouvel ordre afin de limiter la propagation de la COVID-19.

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La meilleure façon de vous protéger de la COVID-19, ainsi que votre famille et les groupes les plus vulnérables au sein de nos collectivités, est de rester au Canada ».

S’occuper de son condo, ce n’est pas « essentiel », aux dernières nouvelles.

Vous me trouvez raide avec Michel Bissonnette ? Lisez ce que François Messier, reporter à Radio-Canada, a écrit hier :

« Le président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Radio-Canada (STTRC), Pierre Tousignant, dénonce ce séjour et demande des comptes au nom de ses 2500 membres travaillant au Québec et à Moncton ». Selon lui, M. Bissonnette a manqué à son devoir d’exemplarité, d’autant plus que la direction de Radio-Canada demande à ses employés de respecter scrupuleusement les règles sanitaires des autorités de santé publique. « Ça témoigne d’un manque de jugement qui est évident ». 

J’ose espérer que de son condo en Floride, Michel Bissonnette consultait le site de Radio-Canada. Voici ce qu’il aurait lu le 3 décembre, lendemain de son arrivée à Miami : « Des snowbirds en Floride : Malgré la flambée du nombre de cas de COVID-19 aux États-Unis, un grand nombre de Canadiens sont déterminés à s’y rendre pour échapper à l’hiver canadien, et ce, malgré toutes les recommandations de ne pas voyager en temps de pandémie ».

Et le 24 décembre : « Une campagne de sensibilisation à 850 000 $ pour dissuader les voyageurs. En période de vacances, Ottawa multiplie les stratégies de communication pour convaincre les voyageurs d’abandonner tout déplacement non essentiel à l’étranger. »

DEMAIN L’HIVER

Quand j’ai lu l’histoire de Michel Bissonnette, j’ai pensé à cette chanson de Charlebois : « Demain l’hiver, je m’en fous. Je m’en vais dans le sud, au soleil, me baigner dans la mer et je penserai à vous en plantant mes orteils dans le sable doux ».