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Malgré tout, Trump a bien servi les républicains

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Photo AFP Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat, à son arrivée au Capitole le 6 janvier dernier.

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On affirme régulièrement que le Parti démocrate est le parti de l’introspection et des chicanes de famille, tout comme on présente souvent le Parti républicain comme étant celui de la victoire à tout prix.

Malgré le caractère superficiel de ces étiquettes, il y a une part non négligeable de vérité. Depuis 2015, le GOP a intégré rapidement les partisans de Donald Trump parce que les trumpistes leur assuraient la victoire dans plusieurs régions et qu’ils permettaient d’étirer au maximum un électorat blanc et conservateur.

Le trumpisme a servi les intérêts républicains

Mitch McConnell et les meneurs républicains n’ont jamais été dupes. Tous connaissaient la clientèle du milliardaire new-yorkais, tout comme ils connaissaient la nature de l’homme.

Le chef de file républicain du Sénat a obtenu ce qu’il souhaitait du président malgré le chaos permanent de la Maison-Blanche. Mais les baisses d’impôts et les trois nominations à la Cour suprême ont été obtenues à prix fort : la division du parti et la mobilisation des factions extrémistes.

Si les dirigeants du parti voient maintenant d’un bon œil le départ ou même la destitution de Trump, écarter ses partisans ou les amener à se ranger derrière un autre meneur est un défi colossal.

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Condamnés à la cohabitation?

Même s’il y a présentement trois fois plus de soldats pour protéger le Capitole et les élus que de soldats sur le terrain en Irak et en Afghanistan, 46 % de l’ensemble des républicains remettent en question les résultats de l’élection et 92 % des partisans du président souhaitent qu’il soit candidat en 2024. Ce ne sont pas les Josh Hawley ou Ted Cruz qui pourront récupérer ces électeurs, ils n’écoutent que Donald Trump.

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Le Parti républicain est profondément divisé et il n’y a que 56 % de ses membres qui se définissent comme «traditionnels», à peine plus de la moitié à condamner les actions de Donald Trump et à souhaiter qu’il disparaisse du paysage politique. 

Pour se refaire une «virginité» ou se laver des souillures trumpistes, le GOP pourrait envisager une scission. Sans être théoriquement impossible, l’option n’est pas viable si on s’en remet aux expériences passées.

Des mouvements politiques naissent régulièrement aux États-Unis, mais ils ont tôt fait de se raccrocher à un grand parti ou d’être récupérés. Les exemples récents du Tea party ou de Bernie Sanders parlent d’eux-mêmes. 

S’ils influencent les programmes des grands partis, les mouvements comme le trumpisme ont peu de chance de parvenir au pouvoir par eux-mêmes et ils ne contribuent qu’à diviser le vote. On peut citer les cas de Woodrow Wilson (1912) ou de Bill Clinton (1992) pour appuyer la démonstration, chacun de ces présidents démocrates ayant bénéficié de la division de l’opposition républicaine.

Pour le meilleur, l’élection de 2016, et pour le pire, celle de 2020, les républicains ont privilégié la victoire au détriment des valeurs ou de l’introspection. L’évolution démographique, les victoires démocrates en Arizona et en Géorgie placent maintenant la formation politique à la croisée de chemins.