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Non à l’«Assnat» virtuelle

rentree parlementaire
Photo d’archives

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Avec le resserrement des règles sanitaires depuis l’annonce du couvre-feu, on se demande bien quelle forme exactement prendront les débats à l’Assemblée nationale, à la reprise des travaux.

Les parlementaires eux-mêmes sont dans le cirage à ce sujet.

Proposition surprenante

Le leader du gouvernement à l’«Assnat», Simon Jolin-Barrette, a déclaré lundi qu’il souhaitait une rentrée toute «virtuelle» le 2 février.

Cette déclaration a surpris les partis d’opposition. La semaine précédente, les quatre leaders s’étaient en effet réunis avec le grand manitou de la santé publique Horacio Arruda ainsi que le secrétaire général de l’Assemblée nationale, Siegfried Peters.

Et à ce moment, jamais, jurent nos sources, M. Jolin-Barrette n’avait fait cette offre du tout virtuel.

Au contraire, l’entente (verbale) était que les mêmes personnes attendraient. Elles se réuniraient de nouveau le 25 janvier afin de déterminer, en fonction de la situation épidémiologique, la formule idéale.

Face à l’offre surprise de Simon Jolin-Barrette, les trois représentants de l’opposition ont donc, lundi, dans une déclaration commune, répondu qu’il était prématuré de décider.

Opposition invisible

Certains dans les partis d’opposition croient que la soudaine passion du gouvernement pour le virtuel et sa manière de tenter de l’imposer seraient secrètement motivées par une volonté de les voir... disparaître.

Au début de la première vague, les travaux parlementaires furent annulés. Au printemps, il y eut quelques essais de débats en «distantiel». Peu concluants. Plusieurs problèmes techniques, des micros ouverts ou fermés au mauvais moment. Du matériel pour humoristes plus que pour la démocratie...

Et durant tout ce temps, seul le gouvernement a eu de la visibilité. «Et si tout est virtuel cet hiver, c’est certain qu’on ne pourra plus être devant les médias chaque matin», fait valoir une voix d’opposition.

Au reste, lors de la fameuse réunion, l’Assnat a informé les élus de ses limites technologiques. Elle ne peut tenir en même temps que deux activités virtuelles à la fois.

Pas d’exception

Peut-être que, comme le pense l’opposition, le gouvernement a des motivations partisanes inavouables.

Le gouvernement, nous explique-t-on, admet une autre préoccupation : il veut éviter de donner l’impression qu’il exempte les élus des sévères règlements imposés à tous.

N’empêche, même depuis le fameux resserrement du 6 janvier, des exceptions existent. Et elles semblent acceptées par la population : les secteurs de la construction, du manufacturier, etc., peuvent continuer à opérer.

L’Assnat mériterait d’être désignée «exception», au moins partiellement. La qualité de la délibération parlementaire chute énormément dans le virtuel.

Et permettez-moi d’être un peu lyrique : l’esprit des lieux est fondamental. En Angleterre, après la guerre, Churchill insista pour que l’on reconstruise le parlement de Westminster (détruit lors de bombardements nazis) à l’identique, même s’il était déjà trop petit pour accueillir tous les élus. Il y avait comme un génie du lieu à préserver.

On pourrait donc soumettre l’Assnat à des règles sanitaires plus strictes que celles qui ont permis de travailler de manière sécuritaire lors de la session d’automne. Mais au moins, il y aurait de vrais débats pour faire les lois, un «service essentiel» dans notre société.