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Julien Lacroix: que restera-t-il ensuite?

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Quand, lundi, Julien Lacroix a refait surface sur les médias sociaux avec ses excuses malaisantes, je me sentais comme un personnage de téléroman.

Vous savez, ceux qui ont la tête enveloppée de bandelettes parce qu’ils sont amnésiques? 

Je ne me rappelais plus exactement ce qu’on lui reprochait, à Julien Lacroix. Je me souvenais juste que son nom avait surgi, cet été, au cœur de la vague de dénonciations.

Trou de mémoire 

Il aura fallu que je me rafraîchisse la mémoire pour que la réalité me refrappe en pleine face. J’ai eu honte, tellement honte, d’avoir «oublié». 

En tout, neuf femmes se sont plaintes des inconduites sexuelles, de la violence et de la toxicité de l’humoriste. Non, il n’y a pas (encore) d’accusations. Mais, rendu là, est-ce que ça change vraiment quelque chose? 

Ça m’étonnerait que ces filles se soient appelées un samedi soir pour fomenter un complot qui mènerait à la chute de l’ancienne étoile. 

Puis je me suis souvenue de cet été encore plus. Et j’ai eu mal. Parce que je constate qu’il ne reste pas grand-chose de toutes ces dénonciations où de présumées (au sens de la loi) victimes ont décidé de prendre la parole. De reprendre leur pouvoir, surtout. 

Plus commode  

C’est quand même particulier d’avoir l’impression qu’on semble collectivement avoir DÉJÀ oublié. Ou peut-être que c’est plus commode? 

D’un côté, on a Julien Lacroix qui se prend pour le chevalier de la contrition et une horde de fans prêts à lui pardonner. De l’autre, on a Rozon et Salvail qui sortent victorieux du palais de justice.

Passons sous silence les pages de dénonciations supprimées à cause d’éventuelles poursuites ou de la haine qu’elles généraient. 

Le tribunal populaire qui siège sur les médias sociaux ne fonctionne pas. En même temps, le système laisse trop souvent tomber les victimes. Que nous reste-t-il? Je pose la question, pour une amie.