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Après la pandémie, relançons aussi l’éducation

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Comme le système de santé, le réseau de l’éducation au Québec est durement mis à l’épreuve par la pandémie.

Peut-être comme jamais auparavant.

Les retards d’apprentissage sont légion, à tous les paliers. Certains estiment qu’on mettra des années à les combler.

Motivation minée

La santé mentale des élèves est fragile et souvent durement atteinte. La motivation, minée. Des enseignants se disent épuisés en raison des bouleversements incessants, des règles sanitaires, des activités à distance.

Bien sûr, malgré tout, la plupart d’entre eux, ainsi que des directeurs d’établissement, ont relevé leurs manches et tentent du mieux qu’ils peuvent de faire face aux multiples problèmes.

La nécessité est mère de l’invention et nos écoles ont souvent illustré cette maxime depuis mars 2020.

N’empêche, à la sortie de la pandémie, le monde scolaire sera exsangue. On ne peut nier qu’il y a eu des erreurs, des lenteurs à réagir, des défis insurmontables. De l’impréparation.

Des fossés déjà présents, notamment ceux entre public et privé, entre la réussite ici et dans les autres provinces, semblent s’être accentués.

Un sommet

J’interviewais cette semaine Marwah Rizqy, porte-parole libérale en matière d’éducation. Elle proposa qu’on tienne un grand sommet sur l’éducation : « Parlons-nous ! Trouvons des solutions pour redresser la barre. »

L’idée mériterait d’être explorée.

Vous me répondrez qu’il y a une méfiance à l’égard des sommets au Québec.

Peut-être. Surtout depuis celui, très marquant de 1996, le « Sommet sur l’économie et l’emploi », organisé par le gouvernement du Parti québécois de Lucien Bouchard, qui venait d’accéder au poste de premier ministre.

On réduit souvent cet événement à l’objectif du « déficit zéro », plus précisément au consensus sur des mises à la retraite qui s’avérèrent dommageables. Mais bien d’autres idées avaient émergé alors : l’importance de l’économie sociale, le projet d’un régime d’assurance parentale, entre autres.

Scepticisme

François Legault lui-même répète qu’il se méfie de ces grand-messes : « Des chantiers, des commissions partisanes, des comités, des forums, des sommets, mais rien de concret », a-t-il déjà résumé en point de presse.

Pourtant, lui-même, dans son livre Cap sur un Québec gagnant (Boréal, 2013), vante l’exercice qu’il avait présidé en 2000, à titre de ministre de l’Éducation, le Sommet du Québec et de la jeunesse : « Je voulais que ce sommet soit l’occasion pour les nouvelles générations et l’État de sceller un pacte de solidarité et d’envisager des choix à long terme. »

Comme il le raconte aussi, c’est là qu’il a rencontré son fidèle conseiller Martin Koskinen (alors à Force Jeunesse), encore à ses côtés aujourd’hui.

Vingt et un ans plus tard, ne serait-il pas temps, au sortir de la pandémie, de renouveler le « pacte de solidarité » ? Dans ce même ouvrage, mais surtout dans ses discours politiques, le premier ministre n’a eu de cesse, depuis, d’insister sur l’importance de l’éducation.

Alors, comment relancer l’éducation après la pandémie ? Les corvées urgentes ? Quelle place pour le « distanciel » ? Comment profiter de la sortie de crise pour remobiliser élèves, enseignants et parents ?

Le gouvernement ne peut sérieusement prétendre avoir les réponses à toutes ces questions.