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Ce pays tient debout grâce à l’immigration

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Quand on parle de l’impact de l’immigration sur l’économie du Québec et du Canada, il est difficile de se faire une idée précise à ce sujet. Il est clair que l’immigration vient combler des lacunes au niveau de notre taux de natalité, mais concernant les questions d’argent, bon nombre de questions restent en suspens...  

Beaucoup d’idées à ce sujet sont très stéréotypées et sont souvent colorées par des réactions émotionnelles face à certains « épiphénomènes », sans aucune vision d’ensemble. D’un côté, on dit que les immigrants « font les jobs que les Québécois ne veulent pas faire », qu’ils viennent combler des manques importants dans certains secteurs en pénurie. 

De l’autre, on croit que beaucoup d’entre eux renvoient tout l’argent qu’ils gagnent dans leur pays, que d’autres profitent allègrement des allocations gouvernementales, qu’ils restent seulement au Québec pour étudier parce que l’éducation est moins dispendieuse et qu’après, ils quittent aussitôt pour aller dans une autre province, etc. 

Je ne vais rien rajouter à ces propos, mais plutôt révéler certaines données dont on ne parle presque jamais, très curieusement... 

Des frais importants

Le processus d’immigration (formalités, entrevues, examens, visa, coûts d’entrée au pays, etc.) coûte, en moyenne, entre 8000 $ et 15 000 $ dollars par personne. 

Ces coûts sont très variables selon votre statut et votre état civil, le fait que vous fassiez affaire avec une agence ou directement avec le gouvernement, bien sûr, mais... arrondissez les chiffres et multipliez seulement 10 000 $ par 40 000 (le nombre moyen d’immigrants qui arrivent au Québec par année) et faites le compte : beaucoup d’argent rentre dans la caisse, beaucoup d’emplois sont reliés à ce processus avant même que nos futurs compatriotes posent seulement le pied dans la Belle province. 

L’immigrant, qui arrive avec un minimum de cinq mille dollars dans son compte en banque, rachète tout à neuf : il achète de nouveaux meubles, un nouvel écran, de nouveaux vêtements, et ceci, et cela. Une nouvelle injection d’argent non comptabilisée alors que notre futur compatriote vient à peine de poser le pied dans son appartement. 

Une réflexion...

Et puis, ce constat si étrange, mais quand on y pense ça mérite une réflexion : moi, le Québécois pure laine, combien ai-je coûté au système avant de devenir un adulte faisant son entrée dans le monde du travail ? Ces seize premières années passées dans une garderie, sur les bancs d’école primaire et secondaire, elles ont coûté quelque chose au système, n’est-ce pas ? 

L’immigrant arrive, déjà adulte, déjà prêt à entrer dans la danse. Il a fallu attendre seize ans avant que j’entre au Pizza Hut pour recevoir mon premier chèque de paye ; pour l’immigrant, il faudra investir, afin qu’il devienne fonctionnel, de six mois à un an maximum en francisation. Et encore : il y a de fortes chances que vous le voyez travailler dans un Walmart ou un Tim dès qu’il aura atteint le niveau intermédiaire en français. 

Voilà qui complète ce modeste panorama non exhaustif de quelques données économiques peu connues concernant l’immigration ! 

Martin Payette, Montréal Enseignant et animateur en francisation qui travaille depuis 12 ans dans ce domaine.

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