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Pfizer met la patience du Canada à l’épreuve

Livraisons réduites pour un mois, mais pas en Europe

Pfizer met la patience du Canada à l’épreuve
Photo AFP

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Même si le Canada recevra moitié moins de doses que prévu du vaccin de Pfizer dans le prochain mois, l’Union européenne n’aura pratiquement pas à réduire la cadence de vaccination. 

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Moins de 24 heures après les vives protestations de plusieurs pays européens, la compagnie pharmaceutique a finalement annoncé que la livraison de vaccins leur étant destinés serait ralentie pendant une semaine, au lieu de quatre. 

Le Canada, qui dépend de l’étranger pour ses précieuses injections, devra prendre son mal en patience. Au Québec, seules 89 700 doses des 176 475 du vaccin Pfizer/BioNTech prévues d’ici le 8 février arriveront à temps. 

Une police d’assurance

Le pays n’a simplement pas l’infrastructure nécessaire pour fabriquer des vaccins contre la COVID-19 à grande échelle, expliquent les experts. 

Même le vaccin québécois de Medicago, qui entrera en phase 3 sous peu, devra être produit en partie en Caroline du Nord en attendant l’ouverture de sa future usine en 2023. 

« Ce n’est pas n’importe qui qui peut produire des vaccins, ni n’importe quand, ni n’importe comment. Ça nécessite des procédés manufacturiers extrêmement spécifiques », souligne la microbiologiste Cécile Tremblay. 

Pourtant, le Québec pouvait compter, jusqu’en 1990, sur l’Institut Armand-Frappier, un « joyau » de la recherche publique au Québec où on produisait des vaccins, dont celui contre la polio et la grippe. 

Ce dernier a depuis été vendu à une compagnie pharmaceutique. 

« On n’a pas compris que c’était une police d’assurance et que ça valait la peine de le garder », se désole le Dr Denis Leclerc, professeur de microbiologie-infectiologie et d’immunologie de l’Université Laval.

Il rêve de recréer un organisme public semblable. 

« Dans tous les grands secteurs, c’est prudent de garder une certaine autonomie et une certaine capacité de production », convient la pharmacienne Diane Lamarre. 

Malgré ces désavantages, elle estime que la stratégie d’approvisionnement du Canada, basée sur l’achat de sept vaccins parfois à gros prix, joue en sa faveur.

L’annonce de Pfizer, qui doit rénover son usine belge, n’a aucun impact aux États-Unis, qui s’approvisionnent à même une usine à Kalamazoo au Michigan. 


Santé Canada et Approvisionnement Canada n’ont pas répondu aux questions du Journal samedi. Pfizer Canada aura plus d’informations dans les prochains jours nous a-t-on indqué.

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