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Biographie de Caroline Néron : le courage de se relever

Caroline Néron
Photo courtoisie Caroline Néron

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La célèbre comédienne et femme d’affaires Caroline Néron, qui a connu des années fastes, raconte dans son livre, avec une honnêteté désarmante, son ascension fulgurante dans le monde des affaires qui a suscité beaucoup d’envie, mais qui s’est soldée par une chute vertigineuse. Malgré la douleur de l’épreuve, elle se retroussera les manches pour se relever avec sérénité, habitée par une lucidité hors du commun.

Carolin Néron amorce son livre avec une photo-choc, étendue, le maquillage défait par les larmes. À côté d’elle, des flacons de médicaments de prescription sont répandus. On imagine le pire... 

C’est cette photo qui met la table à son premier chapitre intitulé, « Tomber de haut » qui plonge les lecteurs dans le drame, alors que la femme d’affaires fait une crise d’angoisse tandis qu’elle vient d’apprendre par le syndic qu’elle fera faillite. Quinze années de labeur anéanties. La peur et la honte s’emparent de son être.

Son livre biographique, qu’elle a écrit avec la collaboration de Valérie Lesage, c’est son histoire avec ses bons coups et ses faux pas également, consciente que plus on vise haut, plus on risque de plonger, mais que chaque épreuve est une occasion d’apprendre pour ensuite repousser ses propres limites. « J’ai raconté mon histoire afin que les autres ne fassent pas les mêmes erreurs, tout en transmettant un message d’espoir », lance-t-elle. « L’exercice a aussi été thérapeutique. »

<strong><em>Néron inc.<br>La force de l’épreuve</em><br>Caroline Néron</strong><br>Pratico Édition<br>210 pages
Photo courtoisie
Néron inc.
La force de l’épreuve

Caroline Néron

Pratico Édition
210 pages

Inutile de le cacher, Caroline Néron est ambitieuse, et de son propre aveu elle aime dépenser et vivre dans le luxe. « Durant quatre ans, je voyageais vers Paris pratiquement chaque mois en première classe, je séjournais dans des hôtels à 750 euros par nuit, j’avais parfois mon chauffeur, je fréquentais les meilleurs restaurants, je dépensais sans compter, je pouvais entrer dans un magasin de vêtements et flamber 6000 $ en 30 minutes », confie la comédienne. « Le jet privé n’était pas bien loin dans mon imaginaire. » 

Mais, heureusement pour elle, son courage et sa détermination sont à la hauteur de ses ambitions. 

Mal entourée

En lisant son livre, on constate que Caroline Néron a trop souvent été mal entourée. « Avoir fait confiance trop facilement a été ma plus grande erreur », reconnaît-elle. « Déléguer, c’est bien, ça permet de grandir, mais c’est aussi parfois de la paresse. » Elle a appris à ses dépens que certaines personnes sont venues se greffer à elle pour les mauvaises raisons et qu’il faut suivre ses finances de près pour éviter de perdre le contrôle. 

Elle confie s’être fait voler par ses employés, notamment des vendeuses de ses boutiques.

« J’ai aussi retrouvé 200 000 $ de bijoux sous les bureaux de certains employés, du stock que j’aurais pu vendre alors que les choses allaient mal », souligne celle qui a souffert de cette trahison qui n’a été que la pointe de l’iceberg, car les mensonges et les couteaux dans le dos, il y en a eu beaucoup. « Mais j’ai aussi des employés très fidèles. Je ne crois pas à la rancune en demeurant dans cette énergie, je préfère me concentrer sur ceux qui ont contribué, c’est la seule façon d’avancer. »

Caroline a aussi connu la misogynie à travers son périple, ce qui fait d’elle désormais une féministe consciente que les hommes et les femmes ne sont pas égaux en affaires, les hommes ayant certains privilèges. Ce qui explique également le choix de la couverture de son livre, moitié homme, moitié femme. « Je suis fière d’être une femme, mais j’ai dû me battre dans un monde d’hommes et j’ai été ralentie parce que j’étais une femme », explique Caroline Néron. « Quand on est une femme, les efforts doivent être constamment multipliés par rapport à ceux des hommes. » 

Mourir et renaître

Caroline Néron termine son livre sur une note positive et lumineuse. « J’ai connu de grands succès parce que je suis fonceuse, travaillante et je ne me laisse pas abattre facilement », fait remarquer la femme d’affaires. 

Pour retrouver son équilibre, elle s’est mise au yoga et durant la pandémie, au printemps dernier, elle en faisait cinq jours par semaine. Sa fille a aussi été un moteur pour se relever. 

Dans son chapitre, « Mourir et renaître », on reconnaît toute la résilience dont fait preuve l’artiste au cœur d’entrepreneure. Faillite, rupture, deuil, trahisons, dépression se sont succédé, mais aujourd’hui elle apprécie davantage les cadeaux qu’apporte la vie comme d’avoir été choisie pour jouer dans le film d’Anaïs Barbeau-Lavallette et District 31 permettant ainsi de renouer avec son métier d’actrice. Elle demeure une battante en continuant de faire preuve de générosité et en continuant d’écrire et de visualiser ses rêves.

Plus lucide que jamais, elle compte racheter sa compagnie en ce début d’année et poursuivre ses activités de vente de bijoux en ligne avec une petite équipe, tout en gérant mieux ses dépenses. 

« Je crois que rien n’arrive pour rien et il faut accepter que les épreuves fassent partie de la vie, même si elles font mal, elles nous donnent l’occasion de grandir », conclut-elle.


  • On suit Caroline Néron dans la série District 31, diffusée à Radio-Canada. 
  • Ses bijoux sont toujours offerts en vente en ligne, carolineneron.com