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Vaccins: il y a urgence d’informer

Vaccination covid CHSLD
Photo courtoisie, CIUSSS Centre-Ouest de Montréal Devant une campagne aussi cruciale, le gouvernement a le devoir de faire la pédagogie des vaccins.

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J’ai beau être un fan de François Bellefeuille, je ne suis pas toujours certain de saisir l’utilité de certains messages publicitaires du gouvernement. Nous faire sourire, nous détendre un peu en ces temps difficiles, OK. Mais...

En matière de campagnes d’information gouvernementale, il me paraît y avoir quelque chose de bien plus urgent : une campagne d’information sur les vaccins. La vaccination représente la clé de la sortie de la crise. Les gens entendent toutes sortes d’informations et se posent des questions légitimes.

Une campagne d’information sur l’importance du vaccin devrait déjà être en ondes puisque la vaccination est en cours depuis un mois. La désinformation circule à plein. Les citoyens veulent s’y retrouver.

Je l’ai lu sur internet !

Même parmi le personnel de la santé, certains hésitent à se faire vacciner. On m’a raconté l’histoire d’un hôpital du grand Montréal où les employés d’une unité ont vu circuler sur les réseaux sociaux une histoire absurde de maladie qui serait intégrée dans le vaccin. Et la volonté de se faire vacciner a baissé.

Imaginez ! Tout le monde semble vulnérable à la désinformation, même des infirmières, qui passent leurs journées à donner des piqûres, des médicaments, et à installer des solutés. Comment en viennent-elles à croire que leurs poches de soluté sont sécuritaires, les autres vaccins aussi, mais que celui-ci serait truqué ? La puissance des réseaux sociaux. 

Une solide campagne d’information devrait partir avec des capsules sur l’histoire des vaccins. L’humanité a éradiqué des maladies qui causaient la mort, d’autres qui provoquaient des handicaps permanents. Grâce à eux, la mortalité infantile a fondu et la qualité de vie de millions de personnes s’est améliorée.

Mais les vaccins sont victimes de leur succès. Après deux ou trois générations, on en vient à ne même plus connaître les maladies dont les vaccins nous protègent. Allez demander à des jeunes dans un cégep s’ils se sentent privilégiés d’être exempts des oreillons, de la rubéole ou de la polio ! Ils ne connaissent pas. 

Les sociétés sont bizarres. À la longue, des originaux inventent et diffusent des théories obscures qui deviennent plus excitantes à partager que la vérité. Avec pour résultat qu’une partie de la population finit par craindre davantage les vaccins eux-mêmes que les terribles maladies dont ils nous protègent.

Savoir, comprendre

Il faut aussi expliquer l’effet concret d’un vaccin. Qu’est-ce qu’on injecte, comment le système immunitaire y répond-il ? Comment ces cellules-mémoires agissent ensuite pour reconnaître le virus ennemi si vous le croisez, et pour le combattre ?

Le vaccin a été développé rapidement, certes, compte tenu de l’urgence planétaire. Mais pas au point d’escamoter les étapes sécuritaires. Il faut le montrer, l’expliquer.

Lorsque nous avons diffusé les images des premières personnes vaccinées, certains n’ont pas compris qu’elles étaient les premières « en dehors des études cliniques ». Or, des dizaines de milliers de personnes avaient déjà reçu le même vaccin lors des études cliniques, depuis des mois, sans problème.

C’est le temps d’informer, d’expliquer.