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Washington en état de siège

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Photo AFP Des soldats de la Garde nationale descendaient les marches du Centre des visiteurs du Capitole, hier.

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J’ai vu Bush céder sa place à Obama, puis Obama céder la sienne à Trump. Le président sortant n’aura pas la noblesse d’accompagner son successeur aussi dignement. Peut-on vraiment s’en étonner ?

La présidence de Trump en est à ses derniers râlements. Il ne reste que trois jours, le moment idéal pour mettre un peu de perspective sur cette fin de règne aussi désordonnée que les quatre années qui l’ont précédée.

Je me souviens encore bien à quel point tout le monde était, en janvier 2009, impatient de voir George W. Bush quitter la Maison-Blanche. Les États-Unis menaient non pas une, mais deux guerres majeures au Moyen-Orient avec des dizaines de milliers de soldats sur le terrain.

Le plongeon spectaculaire de l’économie dans ce qui allait devenir la Grande récession rendait encore plus pressant le changement de garde. La présidence de Bush avait été controversée, mais dans le tumulte de son départ, son équipe passait à son successeur une machine bien huilée, solidifiée par une transition efficace de Henry Paulson à Tim Geithner aux finances, de Condoleeza Rice à Hillary Clinton aux affaires étrangères.

DE TOUT À RIEN

Les années Obama n’ont pas été faciles, de la sortie de la crise économique à la naissance de l’État islamique en passant par les tensions interraciales et la montée du « Tea Party ». Pourtant le 44e président a laissé à son successeur imprévu un taux de chômage de 4,7 % et une économie en croissance lente, mais constante.

Impossible de l’oublier cette transition-là : un fouillis ! Ni Trump, ni son équipe de campagne, ni même le Parti républicain ne s’attendait à doubler Hillary Clinton dans la course à la présidence. Ses toutes premières décisions – un enchaînement de coups de tête du président-élu – ont donné le ton pour quatre années de troubles et de confusion.

Il faut lire ce que Rex Tillerson, le premier secrétaire d’État de Trump, dit de son ex-patron dans le dernier numéro de Foreign Policy : « Sa compréhension des événements mondiaux, de l’histoire mondiale, de l’histoire des États-Unis était limitée. Difficile d’avoir une conversation avec quelqu’un qui ne comprend pas pourquoi nous parlons de cela. »

PAR ICI, LA SORTIE

La pandémie fait au moins 4000 morts par jour aux États-Unis et le meilleur moyen de la combattre – une vaccination massive – a été tellement mal géré que le nouveau président devra repartir à zéro.

Les mensonges que Trump a proférés sur une victoire électorale qu’on lui aurait volée ont provoqué un tel débordement de violence que la capitale américaine se trouve en état de siège.

Au fil des ans, j’ai passé des semaines avec les soldats canadiens en Afghanistan et en Bosnie. J’ai suivi les 20 000 soldats américains à la fin de 1994 pour assurer le retour de Jean-Bertrand Aristide en Haïti. Je n’ai jamais vu autant de troupes en temps de paix qu’à Washington en ce moment.

Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche en politicien frondeur et rebelle. Il repart en paria avec une trainée de haine à sa suite. La gloire aura vraiment été éphémère. 


SOLDATS DÉPLOYÉS POUR L’ASSERMENTATION DE JOE BIDEN   

  • 21 000   

SOLDATS DÉPLOYÉS OUTRE-MER  

  • 168 766   

SOLDATS DÉPLOYÉS EN AFGHANISTAN ET EN IRAK  

  • 5000   

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Photos d'archives, AFP