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Vous ne serez pas vaccinés de sitôt

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Capture d'écran, TVA Nouvelles Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada.

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Le vaccin, cette séduisante lumière au bout du tunnel qu’on nous fait miroiter depuis des mois.

Comment oublier l’euphorie qui nous a gagnés mi-décembre quand les premiers patients ont reçu leur dose du bouclier miraculeux contre la COVID-19 ?

Certes, le vaccin sauve des vies, en sauvera de plus en plus, parlez-en aux patients en CHSLD qui seront tous inoculés d’ici la fin de la semaine prochaine. Leurs familles dormiront mieux la nuit.

Mais de là à s’imaginer que l’enfer des confinements et du couvre-feu tire à sa fin, attention. On est loin, très loin, d’être sortis du bois.

Encore de longs mois

L’administratrice en chef de la santé publique du Canada a jeté une douche froide sur nos espoirs collectifs vendredi.

« À court terme, le vaccin ne fera pas de différence » sur la courbe épidémique, a expliqué Theresa Tam. 

L’explication est assez simple. En ce moment, on vaccine ceux qui sont le plus à risque de mourir, mais c’est le reste de la population qui alimente la courbe fulgurante de la contagion.

Et avant que nos hôpitaux reprennent le dessus, il faudra du temps. 

Plus du tiers des personnes hospitalisées et 41 % des patients aux soins intensifs ont moins de 60 ans au Canada. Cette tranche de la population ne commencera pas à être vaccinée, au bas mot, avant l’été.

Alors, la lumière au bout du tunnel... Elle est relative. 

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Encore des délais

Pendant ce temps, la ministre responsable de négocier avec les compagnies pharmaceutiques, Anita Anand, passe plus de temps à critiquer les provinces qui jonglent avec le calendrier de vaccination qu’à expliquer pourquoi le Canada peine à accélérer le rythme des livraisons.

En moins de 24 heures, l’Union européenne a réussi à obtenir la garantie que son approvisionnement de Pfizer ne serait pas retardé de plus d’une semaine par les travaux que la pharmaceutique doit faire dans son usine de Belgique. 

Au Canada ? On retient notre souffle.

Au sud de la frontière, Joe Biden promet de faire l’impossible pour vacciner 100 millions d’Américains en 100 jours au coût de 400 milliards $.

Au Canada ? On nous fait miroiter 20 millions de personnes vaccinées dans 6 mois, si, et seulement si, d’autres vaccins sont approuvés. 

C’est simple, le Canada ne fait pas le poids face aux géants américain et européen.

Ce n’est pas le vaccin qui nous fera passer au travers de l’hiver, mais les quelques réserves de discipline sanitaire qu’il nous reste.