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Quand le ciel vous tombe sur la tête

La situation des gardiens à Edmonton est une véritable saga

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Photo AFP Le gardien des Oilers, Mikko Koskinen a connu sa large part de difficultés devant les charges menées par les attaquants du Canadien, samedi soir.

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On l’a vu samedi soir. En attaque, les Oilers ont tout ce qu’il faut pour aspirer aux grands honneurs. À la ligne bleue, la perte d’Oscar Klefbom pour toute la saison les prive d’une belle profondeur. C’est devant le filet que ça se gâte.

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À part son physique de 6 pieds, 7 pouces, Mikko Koskinen n’a rien d’un gardien numéro un. Sa technique est déficiente, il peine à contrôler les retours et il a la fâcheuse habitude de chercher la rondelle lorsqu’elle est à ses pieds dans le demi-cercle.

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« On croit vraiment en Mikko et je considère que c’est un excellent gardien, a toutefois tenu à souligner Adam Larsson, dans les instants suivant la défaite contre le Canadien. Nous l’avons laissé tomber. Nous avons permis quelques échappées au cours des deux derniers matchs. Ce n’est pas sa faute. Nous devons jouer de façon plus serrée devant lui. »

C’est noble de la part de Larrson de venir à la défense de son coéquipier. C’est même l’attitude à adopter.  

Sauf que les Oilers n’ont d’autres choix que de faire avec Koskinen. C’est le seul gardien qu’ils possèdent depuis que le nom de Mike Smith a été placé sur la liste des blessés à long terme, vendredi.

Si Marc Bergevin a été prévoyant en faisant l’acquisition de Jake Allen pour solidifier la position d’auxiliaire et permettre de soulager la charge de travail de Carey Price, on ne peut pas en dire autant de Ken Holland.

À ce niveau, on croirait assister à un remake de La Cigale et de la fourmi

« Que faisiez-vous au temps chaud ? », pourrait demander le directeur général du Canadien à son homologue, en s’inspirant de la célèbre fable de La Fontaine. 

Plan B, plan C

Car, pendant qu’on assistait à une valse des gardiens dans les jours suivant l’ouverture du marché des joueurs autonomes, Holland se campait sur ses positions.

En fait, il serait malhonnête d’affirmer que l’homme de hockey d’expérience est demeuré les bras croisés. L’ancien gardien de 65 ans s’est lancé dans le derby Jacob Markstrom, la prise la plus intéressante pour toute équipe à la recherche d’un gardien partant. 

Le Suédois a plutôt décidé de poursuivre sa carrière à Calgary

Laissé en plan, il n’a eu d’autre choix, le lendemain, que de renouveler pour une saison l’entente avec Smith. Celui-ci célébrera son 39e anniversaire en mars.

Il faut dire que Holland est pris avec le généreux contrat annuel de 4,5 M$ (valide pour cette saison et la suivante) consenti à Koskinen par Peter Chiarelli, à la veille de son congédiement, en janvier 2019.

Au cas où le ciel lui tomberait sur la tête, Holland s’était assuré de dénicher une soupape de sécurité. En même temps qu’il prolongeait son association avec Smith, il attirait Anton Forsberg dans la capitale albertaine avec un pacte de 700 000 $.

Loin d’être un régulier dans la LNH, Forsberg possédait tout de même une certaine expérience du circuit. En cinq saisons, il a disputé 48 matchs, dont 35 à sa seule saison avec les Blackhawks, en 2017-2018.

Un gros imprévu

Comme l’a fait le Canadien avec Corey Perry et Michael Frolik, le plan des Oilers était de placer le Suédois de 28 ans sur leur équipe de réserve. Sauf que les Hurricanes qui passaient par là l’ont réclamé alors que son nom se trouvait au ballottage (depuis le pauvre est passé aux Jets via le même procédé). « Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit réclamé », a confié Holland aux médias d’Edmonton.

Par conséquent, Stuart Skinner, un jeune gardien prometteur de l’organisation, a servi d’auxiliaire à Koskinen. Mais Holland préférait le voir poursuivre son développement dans la Ligue américaine.

« À court terme, nous sommes corrects puisque la LAH ne commence que le
5 février. Mais, éventuellement, nous aurons besoin de cinq gardiens. Au cours des prochains jours, nous devrons trouver un autre gardien », avait déclaré Holland, à la suite de la perte de Forsberg.

De plus, les Oilers ont rappelé Olivier Rodrigue, en provenance de l’Autriche. À 20 ans, le Québécois, un choix de 2e tour (62e au total) en 2018 se veut un projet.

Samedi, Holland s’est rabattu sur Troy Grosenick, placé au ballottage par les Kings. Âgé de 31 ans, Grosenick n’a que deux matchs d’expérience dans la LNH. Ça remonte à novembre 2014...

Oui, le ciel lui est finalement tombé sur la tête. Sans compter que sa marge de manœuvre sous le plafond salarial est inexistante.