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Un marathon qui ne finit plus

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Voilà maintenant plus de 300 jours que la COVID-19 a profondément chamboulé notre quotidien. Il a fallu beaucoup d’imagination pour s’y adapter, et on ne compte plus les difficultés qui ont jalonné cette crise. 

Dire que nous avons cru que la pause du temps des Fêtes allait aplatir la courbe, diminuer le nombre de cas, et d’hospitalisations. Malgré les efforts de nombreux Québécois, les choses ne semblent pas s’améliorer, avec en plus l’impression de ne jamais voir la fin de cette pandémie. 

Comme un marathon... qui ne cesse de s’allonger

Nous éprouvons du mal à trouver notre deuxième souffle. Cette crise pandémique ressemble à un marathon auquel nous sommes non seulement forcés de participer, mais sans préparation ni échauffement ! Et en plus, la distance de ce marathon ne cesse de s’allonger, alors qu’on espérait apercevoir beaucoup plus tôt le fil d’arrivée.  

Nous avons bénéficié ici et là de quelques moments de répit, l’été dernier par exemple, mais ce n’était pas suffisant pour bien des gens, peu ou pas préparés à tant de changements aussi importants et soudains dans nos vies, comme l’actuel couvre-feu à 20 h partout au Québec. 

Un contexte survolté 

Cette succession de contraintes et d’interdits nourrit forcément un climat social difficile, et parfois survolté. De ce côté, tout semble à la hausse : la détresse, l’anxiété, les tensions familiales, les sentiments dépressifs, etc. Nous sommes tantôt déçus, irrités ou frustrés par les directives de la santé publique, dont certaines gagneraient à être mieux expliquées afin de calmer le jeu, et le réservoir de patience et d’empathie semble presque à sec. 

Car subir jour après jour de petites agressions, des gestes hostiles, à l’épicerie, dans les transports publics, ou sur le trottoir, rapetisse toujours un peu plus notre mèche, dangereusement près du bâton de dynamite. Notre niveau d’intolérance collective est d’ailleurs si élevé qu’il devient de plus en plus préoccupant. Il suffit d’entendre et de lire la violence des commentaires sur les touristes partis dans le Sud pendant les Fêtes pour s’en inquiéter. 

Une bienveillance bienfaisante 

La gentillesse est un baume exceptionnel : pour les autres... et pour soi. L’inverse est aussi vrai ! Agresser quelqu’un verbalement, condamner sans appel, cela cause beaucoup de dommages, quel que soit le côté où l’on place. 

Avant la pandémie, lorsque quelqu’un de notre entourage tombait malade, une chaîne de solidarité et beaucoup d’empathie se mettaient en place, de façon presque naturelle. Cette bienveillance devenait même un facteur important de guérison. En ce moment, c’est toute la société qui souffre (de pertes d’emploi, d’insécurité financière, de deuils douloureux, de manque de motivation scolaire, etc.) : elle a besoin de la même bienveillance, et de la même solidarité. 

Nous souffrons tous en ce moment, mais pas avec la même intensité, ni de la même manière. Raison de plus pour être bienveillant envers les autres. Alors, avant d’engueuler un client trop près de nous dans une file d’attente ou de juger quelqu’un parti en voyage, posons-nous quelques questions : est-ce que ça me fera du bien de déverser un trop-plein de colère ? Est-ce que j’ai tout en main pour juger certains comportements ? 

Les réponses risquent de se résumer par « non ». Mais elles nous invitent à songer à des options : prendre une certaine distance avant de poser un jugement, user d’humour et de tact en rappelant certaines consignes de la santé publique. En ce moment, beaucoup de gens autour de nous font ce qu’ils peuvent pour traverser cette crise qui s’étire sans cesse, d’autant plus que l’accès aux soins et aux services de santé n’est pas à la portée de tous. Et si nous commencions par nous soigner avec une dose de gentillesse ou d’empathie ? Derrière notre couvre--visage, lançons des regards bienveillants plutôt qu’hostiles et accusateurs. Le marathon sera déjà moins éprouvant.