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Des restaurateurs deviennent épiciers

Un établissement du cœur de la métropole vend des produits fins d’ici et d’ailleurs et des plats prêts-à-manger

Réouverture des restaurants Restaurant Le Rose-Marie, 1550 rue Fullum, Montreal, Quebec H2K 3M4
Photo Ben Pelosse Julien Roy-Sinclair, Marie-Michèle Fecteau et Julien Comtois, copropriétaires de Le Rose-Marie.

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Plutôt que de se laisser abattre par la fermeture de leur établissement, en octobre dernier, les propriétaires du restaurant Le Rose-Marie ont décidé d’ouvrir une épicerie fine pour offrir des produits d’ici et d’ailleurs.

« En plus des plats à emporter, un service qu’on a mis en place dès la première vague, on voulait proposer une offre différente à nos clients, explique Marie-Michèle Fecteau, copropriétaire avec son conjoint Julien Roy Sinclair. Notre restaurant loge dans une maison centenaire qui compte plusieurs pièces. On a transformé la pièce avant en épicerie où l’on retrouve une variété de produits. » 

Réouverture des restaurants Restaurant Le Rose-Marie, 1550 rue Fullum, Montreal, Quebec H2K 3M4
Photo Ben Pelosse

En plus de cafés fins, des cidres Michel Jodoin et de quelques produits importés, le restaurant de spécialités italiennes vend des prêts-à-manger qui sortent de sa propre cuisine et de celles d’autres établissements montréalais, comme l’Auberge Saint-Gabriel ou le Montréal Plaza. 

« Une façon de s’entraider entre pairs. On est tous dans le même bateau après tout. On continue d’ajouter de nouveaux produits et de faire des associations avec d’autres restaurants », affirme Marie-Michèle Fecteau.

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Garder son monde

Cette initiative a permis aux propriétaires de conserver leurs employés. 

« Dès la première vague, on s’est battu pour garder notre monde, explique Julien Roy Sinclair. Grâce au prêt-à-manger, on peut produire de façon plus contrôlée. Bientôt, on aura besoin d’embaucher un chef de plus. C’était important pour nous de maintenir notre apprentissage de la cuisine. »

Fragilisés par la fermeture de leur restaurant au printemps, ils s’assurent d’un revenu supplémentaire avec la partie épicerie qui leur permet de garder la tête hors de l’eau. 

« On fait environ le tiers de notre chiffre d’affaires correspondant aux mois les plus calmes, précise M. Sinclair. Cela nous permet néanmoins d’opérer, mais il faut exercer un contrôle serré des coûts. » 

C’est avec bonheur qu’ils ont vu arriver une nouvelle clientèle. 

« La partie épicerie attire davantage de gens du quartier et nous fait connaître, explique Julien Roy Sinclair. On est situé coin Fullum et de Maisonneuve, un quartier où, à part quelques épiceries traditionnelles, on constate un certain désert alimentaire. Les clients nous disent que notre offre de produits manquait dans ce secteur de la ville. Savoir que l’on répond à un besoin fait du bien au moral. »

Même si elle a été créée dans l’urgence, la partie épicerie est là pour rester dans l’après COVID-19. 

« On construit sur le long terme », ajoute-t-il. 

Des débuts chaotiques

Ce restaurant, Marie-Michèle et Julien en ont rêvé pendant plusieurs années avant de l’ouvrir en octobre 2019. Ils ne s’attendaient toutefois pas à ce qu’une crise sanitaire vienne perturber à ce point leur aventure entrepreneuriale. Par-dessus tout ça, ils sont devenus parents d’une petite Florence née au début du premier confinement.

« Disons que l’année 2020 nous a obligés à nous adapter constamment », affirme Marie-Michèle, qui a étudié en gestion d’un restaurant à l’UQAM. Elle est la sommelière du Rose-Marie, alors que Julien, diplômé de l’ITHQ en gestion hôtelière, s’occupe davantage de la gestion des opérations. 

« J’ai un penchant pour le côté business, dit-il. Nous avons dû faire un apprentissage en accéléré en plus d’avoir à nous réinventer. Malgré tout, le défi reste intéressant. Ce restaurant, c’est un objectif de vie pour nous. ».