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L’industrie du vapotage craint une vague de fermetures

Le gouvernement du Québec veut imposer des mesures plus sévères

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Près de 85 % des boutiques de vapotage fermeront leurs portes au Québec si le gouvernement provincial va de l’avant avec des mesures d’encadrement plus sévères comme il a l’intention de le faire. 

En décembre dernier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a dit qu’il comptait s’attarder rapidement à l’imposition de nouvelles mesures pour limiter l’usage du vapotage, qui est en hausse chez les jeunes. 

À l’instar de la Nouvelle-Écosse, le gouvernement du Québec interdira l’ajout de saveur ou d’arôme aux produits de vapotage, en plus de limiter la concentration de nicotine à 20 mg/ml.

Daniel Marien, porte-parole de l’Association des représentants de l’industrie du vapotage et président de la chaîne La Vap Shop
Photo courtoisie
Daniel Marien, porte-parole de l’Association des représentants de l’industrie du vapotage et président de la chaîne La Vap Shop

Selon l’Association des représentants de l’industrie du vapotage (ARIV), l’imposition de ces mesures entraînera la perte de plus de 1870 emplois au Québec. Cela représente près de 410 boutiques spécialisées sur 483 qui ne survivraient pas aux trois premiers mois.

Daniel Marien, porte-parole de l’ARIV et président de la chaîne La Vap Shop, est convaincu que ces restrictions auront pour effet d’inciter les ex-fumeurs à retourner vers la cigarette. 

Mettre la hache

« En mettant des bâtons dans les roues à ceux qui veulent vapoter au lieu de fumer de la cigarette, on fait fausse route », soutient M. Marien.

« Ce qu’on demande au gouvernement, c’est un time out pour avoir des discussions rationnelles sur les produits de vapotage », dit-il.

« Alors que le gouvernement travaille sur un plan de relance économique pour le Québec, on se prépare à adopter une réglementation qui va mettre la hache dans toute une industrie. On va réduire à néant un secteur complet du commerce de détail. »

Le gouvernement affirme agir ainsi pour contrer la hausse vertigineuse de la consommation de produits de vapotage chez les jeunes.

Selon les données officielles, la proportion de jeunes qui ont fait usage de produits de vapotage a quintuplé en six ans, en passant de 4 % à 21 %, en 2019, même si la vente est interdite aux personnes mineures.

Accueil favorable

Flory Doucas.
Coalition pour le
contrôle du tabac
Photo courtoisie
Flory Doucas. Coalition pour le contrôle du tabac

« On est en train de sacrifier des cohortes de jeunes avec cette idée qu’on essaie de convaincre des fumeurs de cesser de fumer », a réagi Flory Doucas, codirectrice et porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, qui accueille favorablement la position du Québec dans ce dossier.

« Plus du tiers des jeunes du secondaire utilisent régulièrement un produit de vapotage, a-t-elle ajouté. On parle de jeunes qui n’ont jamais fumé. Donc, on a créé un nouveau problème qu’il faut renverser. »