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Souche plus infectieuse: des progrès pour des chercheurs québécois

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Des recherches réalisées par l’équipe du professeur Rafael Najmanovich de l’Université de Montréal expliquent pourquoi la nouvelle souche de la COVID-19, originaire de l’Angleterre, infecte plus facilement les humains.

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Avant de passer à la prochaine étape, l’équipe de scientifiques devait d’abord comprendre le phénomène derrière l'infectiosité accrue des nouveaux variants du coronavirus. Les résultats décrits dans une prépublication déposée le 21 décembre dernier font l'objet de beaucoup d'attention.  

Pour simplifier la situation, le professeur au Département de pharmacologie et physiologie de l’Université de Montréal compare le tout à une pince et à un boulon. 

Une pince ouverte

La surface du virus est couverte d’une multitude de copies d’une protéine nommée spicule. Cette protéine est représentée par les fameuses protubérances rouges sur le dessin habituel du virus. 

Photo courtoisie

Selon le chercheur, cette protéine peut se trouver dans l’état «ouvert» ou «fermé», permettant au virus de s’attacher aux cellules humaines, une étape clé de l’infection.  

Le point d’ancrage aux cellules humaines est une autre protéine, nommée quant à elle ACE2. 

Pour exposer ce qui se passe quand un humain contracte le virus, le chercheur compare la protéine ACE2 à un boulon, et la protéine spicule à une pince.  

«C’est la première étape pour l’entrée du virus dans la cellule humaine. Il faut une forme spécifique», mentionne M. Najmanovich. 

Plus la pince [protéine spicule] est ouverte, plus elle adhère au boulon (protéine ACE2), facilitant ainsi l’infection. Selon les résultats des recherches, le nouveau variant est plus souvent dans l’état «ouvert» que celle du virus initial.  

«Elle reste beaucoup plus de temps dans l’état ouvert. Le virus a beaucoup plus de possibilités d’interagir», ajoute le professeur. Cela faciliterait donc l’infection par une meilleure adhésion aux cellules de l’humain. 

Bloquer l’infection

La mutation qui affecte l’état «ouvert/fermé» de la protéine est tellement forte qu’on prédit même qu’elle sera prédominante dans les souches futures. «Il y a plus de mutations qui vont avoir le même effet», croit le chercheur.  

Mais pourquoi une connaissance détaillée de cette protéine est d’une grande importance? Pour élaborer une stratégie utile dans le futur, affirme une collègue du professeur Najmanovich. Ce signal d’alarme serait primordial. 

«Cela permet aux chimistes de développer des composés pour bloquer l'infection virale et ainsi prévenir les infections», précise Joelle Pelletier, également de l’Université de Montréal. 

Est-ce rassurant de comprendre le phénomène ou n’est-ce pas plutôt inquiétant de voir les mutations?

«Ça nous amène à essayer de trouver des drogues qui changent cette dynamique de la protéine vers l’état fermé. Il faut empêcher la protéine de rester dans un état ouvert. C’est une question de psychologie humaine. Je préfère en savoir plus pour être prêt», termine M. Najmanovich. 

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