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Louer à un escroc : comment détecter et éviter les arnaques?

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Il y a à peine deux semaines, notre reporter et chroniqueuse Anne-Lovely Etienne, propriétaire d’un condo près du centre-ville de Montréal, a failli être la cible d’une arnaque par un locataire non-payeur qui a bien failli signer le bail... Cette mésaventure l’a donc poussée à la réflexion suivante : comment peut-on détecter les arnaques quand on met un logement à louer?

Le modus operandi des locataires non-payeurs  

Plusieurs cas de locataires charlatans sont dénombrés chaque année par les membres de la CORPIQ (Corporation des propriétaires immobiliers du Québec), selon son directeur des affaires publiques, Hans Brouillette.

Selon lui, ils usent à peu près tous du même stratagème :

1. Ils sont toujours bien habillés et articulés lors des visites.

2. Ils sont des séducteurs volubiles.

3. Ils sont toujours très gentils à chaque rencontre.

4. Ils truquent leurs identités avec des faux noms et de fausses cartes.

5. Certains ont même l’audace de louer une voiture de luxe pour une journée afin mettre en confiance le propriétaire.

M. Brouillette affirme que ces locataires non-payeurs raffinent toujours leurs techniques et sont toujours à la recherche de leur prochaine victime.

«Ils sont à la recherche de propriétaires moins expérimentés et qui ont un comportement plus naïf. Ils visent aussi des personnes vulnérables comme des personnes âgées ou des propriétaires moins organisés», observe-t-il.

ll y a à peine deux semaines, notre journaliste Anne-Lovely Etienne, propriétaire d’un condo près du centre-ville, a failli être la cible d’une arnaque par un faux-locataire.
Anne-Lovely Etienne
ll y a à peine deux semaines, notre journaliste Anne-Lovely Etienne, propriétaire d’un condo près du centre-ville, a failli être la cible d’une arnaque par un faux-locataire.

Comment détecter les arnaques des présumés fraudeurs?  

Pour éviter les arnaques de ce genre, M. Brouillette conseille aux propriétaires de procéder à plusieurs étapes de vérification avant de signer un bail avec un locataire.

1. Valider l’identité du candidat : lui demander sa date de naissance, son numéro de téléphone et son adresse et surtout rencontrer la personne physiquement.

2. Faire remplir au candidat un formulaire de demande de location pour procéder à la pré-enquête avec le consentement signé du candidat (formulaire disponible gratuitement sur le site de la CORPIQ)

3. Procéder sur le site Proprio Enquête à la pré-enquête qui vous renseigne sur l’analyse de crédit, les habitudes de paiement et le niveau de l’endettement du candidat. (Disponible en ligne ici

4. Valider les références d’emplois ou de revenus (rente ou aide sociale). S’il s’agit d’un emploi rémunéré, valider le numéro d’entreprise pour ne pas se vous faire prendre à parler à un ami qui prétend être un employeur et vérifier si le salaire déclaré est conforme.

5. Valider les références locatives auprès des propriétaires précédents. Valider la relation avec plusieurs ex-locateurs et pas seulement le plus récent. 

6. Valider l'identité également sur les réseaux sociaux : Facebook est un bon indicateur.

7. Procéder si nécessaire à une enquête plus approfondie en vérifiant les dossiers criminels.

8. Vérifier les jugements des tribunaux à la Régie du logement.

S’il s’agit d’un locataire provenant de l’étranger, comment faire?  

M. Brouillette recommande davantage la prudence pour les demandes de locataires provenant de l’étranger, car il est impossible de faire le même type de vérification sur l’identité et sur la solvabilité.

Voici quand même des options qui s’offrent aux propriétaires pour réduire les risques d’arnaque :

1. Organiser une rencontre en vidéoconférence. 

2. Demander des pièces d’identité officielles comme un passeport ou un visa de travail.

3. Un locataire refusé peut vous proposer un dépôt de garantie d'une somme correspondant par exemple à deux mois de loyer. Attention toutefois : ce type de dépôt ne peut pas être conditionnel à la signature d'un bail au Québec, même si cette pratique se fait ailleurs dans le monde. 

Histoires d’horreur de locataires non-payeurs et fraudeurs  

Au final, M. Brouillette stipule que «chaque année, le dénominateur commun des présumés locataires fraudeurs est dû aux enquêtes qui n’ont pas été faites avec diligence». 

Voici donc trois histoires d’horreur médiatisées des dernières années de locataires-arnaqueurs qui prouvent l’importance d’effectuer des enquêtes plus approfondies. 

1. En 2018 : Denis Normand, connu dans la région de Gatineau, a purgé une peine de trois mois en prison pour fraude auprès de différents propriétaires. 

2. En 2016 : Danny Gallant est considéré comme le «champion des locataires non-payeurs» et devrait une somme de 40 000$ aux anciens propriétaires.

3. En 2011 : le couple Haddad-Hally a été l’objet de multiples recours à la Régie du logement pour non-paiement.

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