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Big Brother: sortez-moi de moi!!!

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OK, je veux juste être sûre d’avoir bien compris.

Alors qu’on est tous confinés, barricadés, emprisonnés chez nous, vous regardez une émission où des célébrités sont confinées, barricadées, emprisonnées (et en plus elles ne sont même pas chez elles) ?

Alors qu’on ne peut pas voir nos amis, nos proches, vous avez envie de regarder des êtres humains privés de voir leurs propres enfants pendant... treize semaines ? Sérieusement ?

Et si je vous suis bien, alors qu’on est en train de virer fou parce qu’on est pogné 24 h sur 24 avec des gens qu’on aime, vous avez envie de regarder des personnalités pognées 24 h sur 24 avec des gens qu’elles n’aiment pas ?

Désolée, mais la dernière chose dont j’ai envie en ce moment, c’est de regarder une émission comme Big Brother Célébrités !

  • Écoutez l'entrevue de Sophie Durocher avec Geneviève Borne, participante à l’émission Big Brother Célébrités, sur QUB radio:

L’ENFER, C’EST NOUS AUTRES

Il me semble que si tu es atteint d’un cancer en phase terminale, tu ne regardes pas Grey’s Anatomy. Si tu es en plein divorce, tu ne regardes pas Ruptures. Et si tu as l’impression de vivre comme un lion en cage, tu n’écoutes pas Un zoo pas comme les autres...

Je n’ai pas besoin de regarder Big Brother Célébrités pour savoir comment se comportent des individus obligés de vivre en promiscuité : c’est ça mon quotidien !

En fait, la seule différence entre Big Brother Célébrités et ma vie, c’est qu’à cette téléréalité, quand un individu te tombe sur les nerfs (comme Geneviève Borne face à Marie-Chantal Toupin), tu peux l’éliminer et lui montrer la porte. Alors que moi, quand mon mari me tombe sur les rognons en me racontant pour la 20 000e fois ses anecdotes de tournage du Parrain 3, y’a rien à faire ! Je ne peux pas faire une alliance avec mon fils, organiser des stratégies dans la salle de bains, on est juste trois !

Non vraiment, en pleine pandémie, en plein confinement, je n’ai qu’une envie c’est de m’échapper ! Ouvrir la fenêtre, pas refermer la porte. M’évader, pas m’emprisonner.

C’est comme pour la musique. En ce moment, je n’ai pas envie d’écouter Foule sentimentale ou Ultramoderne solitude d’Alain Souchon. J’ai envie d’écouter Emmenez-moi (au bout de la terre) de Charles Aznavour. 

STRATÉGIE D’ÉCHAPPEMENT

Ce qui me fait triper, ces temps-ci, c’est de regarder Lupin (sur Netflix) parce que le gentleman cambrioleur, lui, il réussit toujours à s’évader !

Avec mon mari et mon fils, on se fait plaisir. On branche notre télé sur YouTube et on regarde des longs segments qui ont été filmés à Paris, New York ou Tokyo. La caméra se promène tout simplement dans les rues de ces grandes villes, sans commentaires.

Pendant une heure, on a l’impression d’être sur les Champs-Élysées, sur Times Square. On entend des vrais êtres humains klaxonner à New York, râler à Paris ou marcher à Tokyo.

Vous connaissez le mécanisme de défense psychologique appelé « l’échappement » ?

Devant une réalité plate ou désagréable, on s’évade par l’imagination ou le divertissement.

Je me gave de films qui se passent l’été, dehors, avec des gens libres de leurs mouvements, qui boivent, mangent, dansent, s’aiment, s’étourdissent, se touchent.

Bref, de vrais humains qui existent. La vraie vie. La belle vie. 

Loin des Big Brother Arruda, Dubé et Legault.