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Pas de trouble-fête à la cérémonie

Les quelque 25 000 militaires de la Garde nationale ont assuré avec succès la sécurité à Washington

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Photo AFP Un membre des forces de l’ordre surveillait mercredi avec attention tout mouvement depuis un balcon face au National Mall à Washington.

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La ville de Washington était méconnaissable mercredi en raison des mesures de sécurité extraordinaires qui semblent avoir porté leurs fruits, aucun incident violent n’ayant troublé l’assermentation de Joe Biden.

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« Il aurait fallu être très très bien organisé pour arriver à perturber ça », estime le professeur au cégep de Trois-Rivières et membre de la Chaire Raoul-Dandurand Francis Langlois. 

Quelque 25 000 soldats étaient présents dans la capitale américaine mercredi, alors que seulement 8000 avaient été déployés pour le même événement il y a quatre ans. 

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Pas de foule en liesse : ni chants ni cris, aucun drapeau agité.

Sur l’esplanade où 450 000 personnes avaient assisté à l’investiture de Barack Obama en 2009 et quelque 250 000 pour Donald Trump en 2017, il n’y avait personne mercredi. La foule avait été remplacée par des milliers de petits drapeaux plantés dans le sol. 

Les gens avaient été priés de rester à la maison en raison de la pandémie de coronavirus et des risques de violence. 

Environ 25 000 soldats de la Garde nationale américaine ont patrouillé mercredi dans les environs du Capitole, à Washington.
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Environ 25 000 soldats de la Garde nationale américaine ont patrouillé mercredi dans les environs du Capitole, à Washington.

Le 6 janvier, des milliers de partisans de Trump avaient pris d’assaut le Capitole pour tenter d’invalider la victoire du démocrate. Cette attaque, qui s’est soldée par cinq morts, faisait craindre que de nouvelles perturbations surviennent mercredi. 

Émeutiers en prison

Une alerte à la bombe a été reçue en matinée à la Cour suprême, située en face de l’endroit où avait lieu la cérémonie, mais il n’y a finalement pas eu d’évacuation, selon l’Agence France-Presse. 

« Pour moi, il était assez évident qu’il n’y aurait pas de deuxième prise à l’attaque du Capitole. S’il y avait eu à se passer quelque chose, cela aurait été ailleurs [qu’à Washington], mais visiblement, ça ne s’est pas passé », explique M. Langlois. 

Il faut dire que les mesures de sécurité prises par les autorités étaient « maximales et extraordinaires. »

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« De plus, beaucoup d’émeutiers du 6 janvier sont maintenant sous enquête ou en prison », ajoute M. Langlois. 

« Ça montre qu’il y a des conséquences. »

Théories du complot

Par ailleurs, Trump était lui-même une courroie de transmission qui favorisait la mobilisation des groupes d’extrême droite, rappelle la professeure en sciences politiques à l’Université Laval Anessa Kimball. 

Or, Trump a récemment été banni ou suspendu de réseaux sociaux comme Twitter et Facebook. 

Les trumpistes, encouragés par le président sortant à croire qu’il n’avait pas vraiment perdu les élections en raison de fraudes imaginaires, n’auront donc finalement pas réussi à empêcher l’investiture de Joe Biden. 

Des militaires de la Caroline du Nord étaient présents mercredi dans la station de métro Rosslyn à Washington.
Photo AFP
Des militaires de la Caroline du Nord étaient présents mercredi dans la station de métro Rosslyn à Washington.

« Le fait que Donald Trump ait cessé d’alimenter activement les théories du complot et de justifier et normaliser les actions de ces groupes va probablement contribuer à rétablir la situation », croit la chercheuse à la Chaire Raoul-Dandurand Véronique Pronovost.

Groupes à surveiller

Les autorités ne doivent toutefois pas baisser la garde à l’égard de ces groupes, croient les experts. 

« Ils vont rester actifs et il va y avoir d’autres coups d’éclat », prédit M. Langlois. 

Pendant des années, les groupes suprémacistes blancs et d’extrême droite ont été sous-surveillés par les autorités, qui consacraient plutôt leur énergie au terrorisme islamiste, explique-t-il. 

Pendant ce temps, plusieurs extrémistes qui rêvent de renverser l’ordre établi ont pu recruter des vétérans et des policiers afin de développer une expertise militaire. 

« Il y a des gens sérieux, là-dedans », résume M. Langlois. 

– Avec l’AFP