/world/usa
Navigation

La planète optimiste et «soulagée»

Plusieurs dirigeants étrangers n’ont pas caché leur satisfaction de voir Joe Biden débarqué à Washington

Coup d'oeil sur cet article

« Journée d’espoir », a écrit sur Twitter le premier ministre du Québec, François Legault, mercredi. Les dirigeants du monde entier, à quelques exceptions près, ont réagi avec optimisme à l’investiture de Joe Biden, certains saluant même un retour au « bon sens ». Il y a quatre ans, la journée d’assermentation avait donné lieu à des manifestations anti-Trump de Montréal à Berlin en passant par Mexico. Mercredi, la planète s’est contentée d’un soupir de soulagement, confinement oblige.

Trudeau sera le premier appelé 

Joe Biden, alors vice-président des États-Unis, et Justin Trudeau, en décembre 2016.
Photo d’archives, REUTERS
Joe Biden, alors vice-président des États-Unis, et Justin Trudeau, en décembre 2016.

C’est au premier ministre Justin Trudeau que Joe Biden lâchera son premier coup de fil en tant que président des États-Unis, illustrant le lien étroit qui existe entre le Canada et son voisin. 

L’entretien téléphonique aura lieu vendredi, le premier qu’aura M. Biden avec un dirigeant étranger, a annoncé mercredi la porte-parole de la Maison-Blanche.

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

M. Trudeau s’était d’ailleurs dit « impatient de travailler avec le président Biden » afin de « chercher à rendre nos pays plus sécuritaires, plus prospères et plus résilients ».

Il s’est toutefois dit « déçu » de la décision de l’administration Biden de bloquer l’oléoduc Keystone XL.  

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a été plus incisif en exigeant des sanctions économiques contre Washington.

De son côté, M. Legault a chaleureusement félicité la vice-présidente Kamala Harris, rappelant qu’elle avait grandi à Montréal et qu’elle y était toujours la bienvenue. 

« Toutes mes félicitations au président Joe Biden [...]. On va continuer le travail pour faire prospérer notre relation et pour faire du Québec la batterie verte du nord-est de l’Amérique », a-t-il tweeté.

– Avec l’Agence QMI

Des alliés qui sont de nouveau « amis » avec les États-Unis  

Le vice-président américain Joe Biden en compagnie de la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d’une visite à Berlin, en février 2013.
Photo d’archives, AFP
Le vice-président américain Joe Biden en compagnie de la chancelière allemande, Angela Merkel, lors d’une visite à Berlin, en février 2013.

« Que des alliés parlent de “soulagement”, je pense que ça en dit long », interprète le chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand Julien Tourreille. 

Dans les relations diplomatiques, les discours sont souvent feutrés. Mais plusieurs alliés traditionnels des États-Unis n’ont pas caché leur joie de voir l’intempestif Donald Trump quitter la Maison-Blanche. 

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Mass, s’est dit « content, naturellement, qu’il soit parti ». 

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a quant à lui fait part de « son grand soulagement », tandis que la chancelière Angela Merkel a évoqué sa « hâte » d’ouvrir un « nouveau chapitre ».

L’Union européenne a « de nouveau un ami à la Maison-
Blanche après quatre longues années », a lancé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. 

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a estimé qu’il était « temps de revenir aux convictions, au bon sens, et de moderniser notre relation ».  

Pour M. Tourreille, il n’est pas étonnant que ces dirigeants se montrent satisfaits de retrouver un interlocuteur américain qui « respecte les coutumes diplomatiques », qui a des « positions modérées et pragmatiques ». 

En soirée, le gouvernement mexicain a salué la suspension de la construction d’un mur à sa frontière avec les États-Unis décrétée par Joe Biden.

Pour sa part, le président sud-coréen, Moon Jae-in, artisan du rapprochement entre le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et Trump, a félicité Biden en proclamant sur Twitter : « L’Amérique est de retour ».

– Avec l’AFP

Les moins contents  

Xi Jinping et Joe Biden, vice-présidents chinois et américain, en 2012, à Washington.
Photo d’archives, AFP
Xi Jinping et Joe Biden, vice-présidents chinois et américain, en 2012, à Washington.

Le bras de fer qui s’annonce entre les États-Unis et la Chine était déjà palpable mercredi, malgré le départ d’un Donald Trump qui qualifiait à répétition la COVID-19 de « virus chinois ». 

Pékin a annoncé mercredi des sanctions contre une trentaine de responsables de l’ex-administration Trump, dont son secrétaire d’État Mike Pompeo pour violation de sa « souveraineté ». Pékin lui reproche notamment d’avoir qualifié de « génocide » la façon dont la Chine traite sa population ouïghoure. 

Or, tout porte à croire que l’administration Biden sera encore plus ferme avec la Chine, ce sujet étant un des rares sur lesquels démocrates et républicains s’entendent, explique le chercheur Julien Tourreille. M. Biden devra aussi user de doigté dans ses relations avec l’Iran sur la question du nucléaire, même si Téhéran a salué le départ du « tyran » Donald Trump mercredi. 

Quant à la Russie, le Kremlin a dit que l’amélioration de leurs relations dépendrait de la « volonté politique » de Biden. 

– Avec l’AFP