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Le virus Tortorella

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Photo d’archives John Tortorella est constamment à l’avant-scène. Il aime jouer dans la tête des joueurs et des journalistes.

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Pierre-Luc Dubois ne dit pas un mot, mais on connaît le problème qui le ronge. Il est atteint d’un virus répondant au nom de John Tortorella. Il n’est pas le premier joueur terrassé par cette infection et on peut penser qu’il y en aura d’autres tant que Tortorella sera entraîneur. Reculons dans le temps.

Vincent Lecavalier avait eu maille à partir avec Tortorella lorsqu’il évoluait avec le Lightning de Tampa Bay. Un jour, le directeur général de l’époque, Jay Feaster, avait réuni les deux hommes dans son bureau pour leur signifier qu’il n’avait aucune intention de se départir de l’un ou de l’autre.

Son message était clair. Il leur avait dit : « Arrangez-vous pour vous entendre. »

Une année ou deux ans plus tard, Lecavalier et Tortorella avaient bu du champagne ensemble dans la coupe Stanley.

Tous ces joueurs partis

On peut penser que les Blue Jackets de Columbus seraient de sérieux prétendants aux grands honneurs s’ils n’avaient pas vu autant de bons joueurs leur fausser compagnie il y a deux ans.

À l’été 2019, Sergei Bobrovsky, Artemi Panarin et Matt Duchene se sont prévalus de leur statut de joueur autonome pour mettre les voiles. Bobrovsky n’en pouvait plus des tensions que Tortorella causait dans le vestiaire.

Dubois en est là.

Sans contrat à la fin de la dernière saison, il aurait pu rester chez lui pour inciter le directeur général Jarmo Kekalainen à l’échanger. Il n’a pas choisi cette avenue. Il voulait jouer et Kekalainen lui a consenti un contrat de deux ans, à raison d’un salaire annuel de cinq millions.

Ce n’est pas rien.

Mais le problème persiste.

Comment brûler son DG 

Je me demande comment Kekalainen a réagi l’autre jour quand il a entendu Tortorella dire à la radio que Dubois voulait être échangé. Il aurait voulu brûler son DG qu’il n’aurait pas trouvé mieux.

La règle veut qu’un joueur qui demande à partir se tienne peinard dans l’attente d’une transaction. Dans le cas de Dubois, c’est son coach qui a vendu la mèche.

Lundi à Detroit, Dubois n’a fait qu’une présence de 36 secondes au cours des sept dernières minutes de la deuxième période. Mais c’est lui qui a inscrit en troisième période ce qui s’est avéré le but vainqueur dans la première victoire de la saison des siens.

Après le match, Tortorella a eu le culot de dire qu’il ne lui avait pas fait réchauffer le banc et que les journalistes passaient trop de temps à analyser le temps de jeu des joueurs. 

Plus gros que le club

Tortorella me fait penser à Billy Martin, l’ancien gérant des Yankees de New York. Martin était plus gros que les Yankees. Or, si un joueur ne peut être plus gros que son équipe, c’est encore plus vrai pour un entraîneur.

Tortorella est constamment à l’avant-scène. C’est comme s’il était la vedette de son équipe. Ce n’est pas un mauvais bougre. Mais il aime jouer dans la tête des joueurs et des journalistes.

Il y a des exceptions, évidemment. Martin St-Louis dira toute sa vie qu’il a aimé jouer pour Tortorella. Les deux étaient faits pour aller ensemble. St-Louis roulait à la seule vitesse que Tortorella connaît, c’est-à-dire la pédale à fond.

Un choix qui s’impose 

Les compétences de Tortorella ne font pas de doute. Il a transformé les Blue Jackets à son arrivée à Columbus, mais les choses se sont gâtées.

Kekalainen n’a plus le choix. Il doit se débarrasser de lui s’il veut arrêter les dégâts. Il a fait le bon choix lorsqu’il a repêché Dubois au troisième rang du repêchage de 2016. On lui prêtait l’intention de vouloir sélectionner Jesse Puljujarvi, un jeune compatriote finlandais, mais il préférait Dubois. 

Le Québécois est le meilleur joueur de sa formation.

Aussi, depuis quand échange-t-on un joueur de centre de 22 ans faisant 6 pieds 3 pouces et près de 220 livres, un joueur animé d’un grand talent et qui patine à la vitesse grand V ?

Si Kekalainen y va avec la raison, il va garder Dubois et congédier Tortorella, à qui il ne reste plus, de toute façon, que la présente saison à son contrat. 

C’est la solution logique.

Dubois : pas le moment

Et maintenant, LA question : Marc Bergevin devrait-il tout tenter pour faire l’acquisition de Pierre-Luc Dubois ? Dans son rôle de directeur général du Canadien, Bergevin doit tâter le terrain auprès de son homologue Jarmo Kekalainen, et on peut penser que c’est fait.

Qu’est-ce que j’en pense ?

Le moment ne s’y prête pas.

Pourquoi ?

D’abord, la saison ne fait que commencer. Deuxièmement, le Canadien fait belle figure. Oui, la troupe de Claude Julien rencontrera des écueils en cours de route, mais on ne parle pas de l’équipe de la saison dernière.

Réparations complétées

Une expression anglaise dit qu’il ne faut pas réparer une chose qui n’est pas brisée. Bergevin a fait les réparations qui s’imposaient avant la saison. La machine roule bien. C’est à Claude Julien que revient maintenant le travail d’apporter les ajustements.

Aller chercher Dubois n’apparaît pas comme la chose à faire, toujours en pensant au présent. Il faudrait que Bergevin libère de l’argent sur sa masse salariale. Il risquerait aussi de se déculotter pour obtenir Dubois.

Kekalainen voudra obtenir plus qu’un joueur de centre en retour de Dubois. Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi ont encore des choses à prouver. Phillip Danault vaut son pesant d’or, mais encore là, Bergevin devrait mettre d’autres noms sur la table.

En tenant pour acquis que sa ligne de centre demeurerait forte avec Dubois dans les rangs, le DG du Tricolore aurait-il les ressources pour remplacer les autres joueurs qui partiraient ?

Ce qui revient à dire qu’il ne doit toucher à rien pour l’instant, même si Dubois représente un beau joyau dans la vitrine.

Du rouge partout

Le Québec est pratiquement bleu-blanc-rouge à la grandeur de la province avec l’affiliation entre la nouvelle équipe de la ECHL de Trois-Rivières et le Canadien.

Mais les bonnes gens de Québec appuient aussi des formations habillées dont la couleur prédominante est le rouge. Ce sont le Rouge et Or de l’Université Laval et les Remparts, dits les Diables rouges, avec leurs beaux chandails rouges.

Ce que je ne comprends pas, c’est que le Québec est supposément bleu...