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Biden devra se méfier de ses «amis»

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Spéculer sur ce que réserve la présidence Biden est un exercice amusant, mais futile.

Si les dernières années ont prouvé quelque chose, c’est que tout, absolument tout est possible en politique.

Qui s’imaginait, aux alentours de 2012, quand il commença à laisser flotter l’idée, que Trump parviendrait à la Maison-Blanche ?

Qui s’imaginait, il y a quelques semaines à peine, que les démocrates remporteraient deux sièges en Géorgie et reprendraient le contrôle du Sénat ?

Qui s’imaginait, il y a quelques jours à peine, voir une insurrection, moins improvisée qu’on ne l’a cru initialement, contre l’institution la plus sacrée de la démocratie américaine, sous les yeux ravis de tous les dictateurs du monde ?

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Sophie Durocher sur QUB radio:

Atouts

Trois choses seulement sont sûres.

Biden prend la tête d’une nation plus divisée et meurtrie qu’à aucun autre moment depuis la guerre de Sécession.

Le contrôle par son parti des trois branches de l’appareil politique fédéral l’aidera cependant.  

Et les institutions américaines restent solides.

Ce dernier point sera peut-être contesté quand on voit la facilité avec laquelle des voyous ont submergé les forces de l’ordre à Washington.

Mais autant ces images étaient sidérantes, autant il n’y a jamais eu la moindre chance d’un coup d’État réussi et d’une annulation du verdict des urnes.

L’armée, ingrédient indispensable de tout coup d’État réussi, est restée inébranlable dans son soutien au régime constitutionnel.

Les tribunaux, y compris nombre de juges nommés par Trump, ont débouté tous les recours introduits pour renverser le résultat.

Évidemment, tout sera plus facile pour Biden si le parti républicain entreprend de se livrer à un authentique examen de conscience.

Normalement, c’est ce qui arrive après une défaite cinglante.

Cette fois, c’est différent. 

Deux électeurs républicains sur trois, donc des dizaines de millions de personnes, pensent que la victoire de Biden fut frauduleuse.

Ils ne lui accorderont pas la proverbiale chance au coureur.

Pire, si Trump reste engagé, son ascendant sur le parti républicain pourrait tuer dans l’œuf toute initiative des républicains qui proposeraient à leur formation de redevenir raisonnable.

Le danger pour Biden pourrait aussi venir de l’aile gauche de son propre parti. Permettez-moi ici un petit détour.

Jusqu’à ce qu’il accède à la Maison-Blanche, Trump avait un mérite.

Il avait donné une voix à des millions de gens qui n’en avaient pas.

À qui ?

À tous ces gens floués par la mondialisation. 

À tous ceux qui ne trouvaient pas normal qu’il faille s’écraser devant la Chine.

À tous ceux qui en avaient jusque-là d’être accusés de ne pas penser comme Hollywood ou Harvard.

Mais Trump n’a pas aidé ces gens. Il s’est servi d’eux. On a vu le résultat.

Rage

Ces gens sont encore là, leur colère aussi.

Or, une certaine gauche du parti démocrate est carrément woke et socialiste.

Elle pense que les quatre dernières années furent une aberration. 

Elle ignore ces gens qui ont porté Trump au pouvoir.

Espérons que Biden n’écoutera pas cette gauche radicale.