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L’endettement, le remède miracle de Biden et Trudeau

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Photo AFP Janet Yellen, la nouvelle secrétaire au Trésor, est celle qui, depuis hier, tient les cordons de la bourse, aux États-Unis. Elle n’a pas caché son intention d’ouvrir au maximum le robinet de l’endettement afin de favoriser la relance économique.

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Qui l’eût cru ? La nouvelle administration de Joe Biden, le 46e président des États-Unis, a décidé de mettre en place un plan de lutte financière contre la crise sanitaire et la crise économique encore plus généreux que celui de Justin Trudeau.

Ainsi, aux 2900 milliards $ déployés depuis le début de la pandémie sous Donald Trump pour contrer les conséquences désastreuses de la COVID-19 sur le peuple américain, l’administration Biden rajoute un plan relance de 1900 milliards $.

Ce qui porte la facture totale de la lutte américaine à la pandémie à 4800 milliards $, soit rien de moins que 22,6 % du PIB nominal des États-Unis.

Ici au Canada, à titre de comparaison, le gouvernement de Justin Trudeau a injecté jusqu’à présent 491 milliards $ dans la lutte contre la pandémie du coronavirus, soit 20,5 % du PIB canadien.

Le Plan d’intervention de Trudeau comprend des dépenses de 322 milliards en mesures directes de lutte contre la COVID-19 et de soutien aux personnes et aux entreprises. À cela, s’ajoute un montant total de 169 milliards $ en reports de paiement d’impôts et de taxes, de soutien au crédit.

Si on ajoute les 70 à 100 milliards $ que le gouvernement Trudeau prévoit investir au cours des trois prochaines années dans la relance post-COVID, cela fera grimper à 23,6 % du PIB canadien la somme totale que le fédéral aura injectée dans la lutte sans merci contre la pandémie du coronavirus.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

JUSTIFICATION

Est-ce justifié de voir les gouvernements canadien et américain investir autant de fonds publics dans la lutte contre la désastreuse pandémie de coronavirus qui frappe le monde entier depuis le printemps dernier ?

Comme on sait, il ne fait aucun doute pour Justin Trudeau et son équipe, que son très onéreux plan d’intervention anti-COVID représente la meilleure solution pour éviter le désastre, tant économique que sanitaire.

Eh bien ! la stratégie grandement « dépensière » de Justin Trudeau vient de trouver tout un appui puisque c’est le genre de recette financière que la nouvelle administration de Joe Biden entend mettre en place immédiatement.

PAROLE DE Janet Yellen

Selon la future secrétaire au Trésor de l’administration Biden : face à la pandémie, il faut « frapper fort », a-t-elle déclaré lors de son audition, mardi, devant la Commission des finances du Sénat.

Se faisant l’avocate d’une relance massive, l’ex-présidente de la Réserve fédérale américaine (FED) justifie l’entrée en vigueur du nouveau plan Biden--- de relance de 1900 milliards $ US par la nécessité d’éviter « une récession plus douloureuse et plus longue »

« Ni le président ni moi-même ne proposons cet ensemble de mesures sans une appréciation du fardeau de la dette au pays, ajoute Mme Yellen. Mais pour le moment, avec des taux d’intérêt à des niveaux historiquement bas, la seule chose la plus intelligente que nous puissions faire est d’agir en grand. »

Sans qu’elle le sache, Janet Yellen vient de donner un super coup de pouce à Justin Trudeau qui, faut-il le rappeler, a toujours justifié le lancement de son onéreux plan d’intervention contre la pandémie en évoquant justement le niveau historiquement bas des taux d’intérêt. La dette fédérale a eu beau augmenter fortement, cela n’a presque pas eu d’impact sur le service de la dette vu sa capacité à emprunter à un taux ridiculement bas.

Pour Trudeau et Biden, même stratégie de combat contre la COVID-19. Au diable l’endettement !

QUELQUES ÉLÉMENTS DU PLAN BIDEN   

  • Dépenser 1900 G$ US pour surmonter la pandémie, dont 1400 $ US versés à chaque contribuable à revenu faible ou moyen  
  • Récupérer 4000 G$ US en augmentant l’impôt des riches, des grandes entreprises et sur les gains en capital  
  • Porter le salaire minimum à 15 $ US l’heure  
  • Investir 2000 G$ US dans l’énergie renouvelable  
  • Investir 1300 G$ US en infrastructures  
  • Étendre les dispositions Buy American