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Montréal: plus de 260 nouvelles unités de logement abordables d’ici un an

Un immeuble en construction
Cyril PAPOT - stock.adobe.com

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La construction de 263 unités de logement abordables à Montréal est prévue d’ici le printemps 2022 grâce à un investissement du 56,8 M$ du gouvernement fédéral. 

Les sommes avaient été annoncées par Ottawa l’automne dernier, dans le cadre de l’Initiative pour la création rapide de logements, prévoyant 1 G$ pour 3000 nouveaux logements abordables au Canada.

Les 12 projets retenus pour Montréal incluent des logements, des studios et des chambres, pour des clientèles dites vulnérables, incluant les personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir.

«La deuxième vague de la pandémie est en cours, nous avons besoin de plus de logements abordables et nous en avons besoin maintenant», a dit Ahmed Hussen, ministre canadien du Développement social. Les projets vont aussi permettre de créer des emplois, a-t-il souligné.

L’annonce faite jeudi par des représentants des gouvernements fédéral et provincial, ainsi que de la Ville de Montréal, survient quelques jours après le décès d’une personne itinérante à Montréal, qui s’était réfugiée la nuit, durant le couvre-feu, dans une toilette chimique.

Le Plateau et Ville-Marie

Près de la moitié des nouvelles unités (45 %) seront situées dans l’arrondissement Le-Plateau—Mont-Royal et un quart (25 %) dans Ville-Marie. Le reste sera réparti entre les arrondissements suivants : Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (3 %), Le Sud-Ouest (6 %), Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (10 %), Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension (11 %).

«Pour moi comme mairesse de Montréal, mais aussi comme mairesse de Ville-Marie, c’est important de réfléchir à ne pas concentrer l’ensemble des ressources dans un même lieu, dans un même arrondissement, parce que toute la question de la cohabitation sociale est à prendre avec beaucoup de sérieux», a commenté Valérie Plante.

«C’était essentiel que les projets puissent lever de terre très bientôt pour évidemment les personnes en situation d’itinérance. Dans les projets, on a quand même 100 nouvelles unités pour cette clientèle spécifique», a fait valoir Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec.

Supplément au loyer

Le gouvernement québécois s’engage pour sa part à financer, pendant 20 ans, le supplément au loyer de certains projets, afin que les locataires admissibles consacrent 25 % de leur revenu pour se loger. «C’est quand même un montant de plus de 23 M$ que le gouvernement du Québec investit aujourd’hui», a dit Mme Laforest.

«On le sait, en matière de logement social les besoins sont très grands», a rappelé la ministre de l’Habitation. «Oui, il y a un retard du passé, je l’admets, on essaie de rattraper le retard du passé et je crois qu’on va y arriver avec les mesures nouvelles et les annonces qu’on fait ensemble.»

Le supplément au loyer est accueilli positivement par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) et le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).

«Cependant, c’est un peu particulier qu’Ottawa finance "la pierre", mais n’ait pas prévu au départ de financement pour assurer des loyers véritablement abordables», critique Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, estimant qu’il s’agit d’une des lacunes du programme fédéral.

Réactions

La création des 263 unités est une «bonne nouvelle», aux yeux de Joannie Veilleux, organisatrice communautaire au RAPSIM, même si les besoins sont beaucoup plus grands. «Ceci étant dit, c’est certain que les délais de construction pour les organismes portant des projets sont excessivement courts», fait-elle remarquer.

Le nombre de nouvelles unités n’est pas suffisant, selon Véronique Laflamme du FRAPRU. «Ce n’est assurément pas assez si on regarde les besoins seulement pour répondre aux besoins urgents des personnes en situation d’itinérance qui ont besoin d’un logement permanent.»

Le RAPSIM et le FRAPRU regrettent qu’il n’y ait pas de financement annoncé en parallèle pour le soutien communautaire, afin d’avoir des intervenants qui puissent aider les personnes à se maintenir en logement. «Il ne suffit pas de mettre une personne dans un logement pour dire : cette personne-là elle n’est plus en situation d’itinérance, tout est beau, c’est fini, on s’en lave les mains», explique Mme Veilleux.

Exemples de projets

  • Chez Doris : transformation d’un ancien gîte touristique pour offrir 22 chambres à des femmes issues des communautés autochtones, racisées ou victimes de violence
  • Maison du Père : achat avec la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) d’un immeuble désaffecté pour créer 60 chambres pour femmes et hommes vieillissants

Nombre de projets et d’unités par arrondissement

Le-Plateau-Mont-Royal : 3 projets / 119 unités

Ville-Marie : 4 projets / 66 unités

Villeray-Saint-Michel--Parc-Extension : 1 projet / 29 unités

Mercier-Hochelaga-Maisonneuve : 2 projets / 26 unités

Le Sud-Ouest : 1 projet / 15 unités

Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce : 1 projet / 8 unités