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Un retour à la stabilité qui soulage le Québec inc.

Les gens d’affaires québécois redoutent cependant les forts penchants protectionnistes des démocrates

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Photo AFP Le Québec inc. se réjouit déjà du changement de ton à la Maison-Blanche, bien illustré par le discours d’investiture de Joe Biden.

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Avec l’arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison-Blanche, les entreprises québécoises retrouveront dans leurs relations commerciales avec les États-Unis une normalité qui n’aura jamais été aussi rafraîchissante.

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« Si vous avez aimé Obama, le film, vous allez aimer Biden, le film. C’est un peu un retour à l’approche économique qu’avait adoptée l’administration Obama au lendemain de la crise financière de 2008 », affirme Daniel Béland, professeur de science politique à l’Université McGill.

M. Biden et la nouvelle secrétaire au Trésor, Janet Yellen, n’ont pas fait de secret de leur intention de recourir à des dépenses massives pour relancer l’économie américaine affaiblie par la pandémie.

L’ambitieux plan Biden, chiffré à 1900 milliards $ US, apportera une bouffée d’air frais aux Américains et aux entreprises du pays. Comme l’économie canadienne reste grandement dépendante de celle des États-Unis, tout porte à croire que les entreprises d’ici profiteront indirectement de la manne.

Mais même avant de ressentir les effets de cette avalanche de dollars, le Québec inc. peut déjà se réjouir du changement de ton en provenance de Washington.

« C’est un soulagement pour les entrepreneurs au Québec qu’on ait maintenant plus de stabilité à la Maison-Blanche. Donald Trump était complètement imprévisible », souligne M. Béland en rappelant les nombreuses attaques de l’ex-président contre le Canada, notamment en ce qui a trait à l’industrie laitière et à l’aluminium.

Élargissement du Buy American

Principale ombre au tableau : l’intention de M. Biden d’élargir les dispositions Buy American pour favoriser les entreprises états-uniennes dans les contrats publics.

Les entreprises d’ici pourraient donc être freinées dans leurs exportations au sud de la frontière, à moins de disposer d’installations en sol américain.

« Oui, il va y avoir du nationalisme économique, mais Joe Biden va apporter un plus grand respect des accords commerciaux existants », indique toutefois Daniel Béland.

Cela ne signifie toutefois pas que les relations canado-américaines ne seront pas mises à l’épreuve à l’occasion. L’une des premières décisions de M. Biden sera de révoquer le permis délivré au projet d’agrandissement de l’oléoduc Keystone, qui relie l’Alberta au Texas.

« Le grand perdant, c’est l’industrie pétrolière et ça, au Québec, ça nous concerne beaucoup moins », note M. Béland.