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Une présumée meurtrière «rap» sa détention

De l’insulte à l’injure pour la famille de la victime tuée en 2019

Mélissa Webb
Photo tirée de Facebook Mélissa Webb

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Les proches d’un homme assassiné à l’arme blanche en septembre 2019 se sont dits plus que troublés lorsqu’ils ont appris, cette semaine, que la présumée meurtrière avait mis en ligne une vidéo relatant quelques bribes de son parcours depuis son arrestation.

« Accusée de meurtre au 2e degré, à ma première arrestation, cinq heures à être filmée en étant interrogée, l’enquêteur qui me dit : “Tu dois être une vraie, toi, parce que tu dis pas un son” », chante Mélissa Webb, accusée du meurtre au deuxième degré de David Frigon, sur un air de rap. 

Gardée en détention provisoire pendant huit mois, la jeune femme de 26 ans raconte : « J’arrive à Orsainville, sont pu capables de m’endurer, ils m’ont shipée au Leclerc, c’t’au maximum qui m’ont classée. Sans trop savoir à quoi m’attendre, fallait je me batte pour mon respect ». 

En octobre 2020, les juges de la Cour d’appel ont accepté de remettre Webb en liberté provisoire. Parmi les conditions émises, elle devait demeurer 24 heures sur 24 dans une maison de thérapie de l’Estrie et il lui était interdit de communiquer avec les membres de la famille de la victime. 

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Accès « exceptionnel »

Si la vidéo ne semble pas enfreindre cette règle, les proches de l’homme assassiné ont tout de même été profondément troublés par cette « composition » qu’ils qualifient « de très mauvais goût ». 

« Elle y mentionne qu’elle fait des “pics artisanaux”. Il semblerait que son accusation ne soit pas suffisante pour lui donner des remords », a ajouté notre source en se demandant pourquoi Webb avait eu accès aux réseaux sociaux et aux cellulaires. 

Questionné sur la situation, un responsable de la maison de thérapie a expliqué qu’une éclosion de COVID-19 a obligé la direction à confiner l’ensemble des résidents. Ce faisant, ils ont eu un accès « exceptionnel » aux cellulaires et au réseau. Mis au courant de la vidéo, les intervenants ont sensibilisé la résidente, questionné son jugement et eu une pensée sincère pour la famille de la victime. 

« Mais présentement, c’est difficile pour nous de savoir ce que chacun fait dans sa chambre où ce que d’aucuns publient sur internet... », a-t-il ajouté en précisant comprendre le désarroi de la famille de David Frigon. 

Selon nos sources, une enquête serait présentement ouverte au Service de police de la Ville de Québec pour déterminer si de nouvelles accusations en lien avec cette vidéo pourraient être portées contre Webb et le responsable de la maison de thérapie a assuré qu’ils allaient collaborer. 

Extraits de la composition de Mélissa Webb 

En thérapie fermée à la suite d’une accusation de meurtre au 2e degré à l’encontre de David Frigon, Mélissa Webb a publié un rap racontant son histoire sur les réseaux sociaux, ce qui a choqué la famille de la victime.
Capture d'écran
En thérapie fermée à la suite d’une accusation de meurtre au 2e degré à l’encontre de David Frigon, Mélissa Webb a publié un rap racontant son histoire sur les réseaux sociaux, ce qui a choqué la famille de la victime.

Remettez-moi en cellule, j’garde le silence [...] Changement de plan, sont rendus deux [enquêteurs] maintenant. Ben obstinés, ils disent « on sait que c’est toi qui l’a tué ».

Y’ont tout essayé [les enquêteurs] pour me faire parler. Sans succès, me regardant ben frustrés. Ils me disent : « tu sais, tu vas être emprisonnée ».

[En détention] fallait je me batte pour mon respect. Les screws veulent rien comprendre. J’ai hâte d’avoir la criss de paix.

Je me fais surprendre l’autre fois à faire des pics artisanals (sic). On m’a demandé pourquoi : ça doit parce que je vis dans une cage.