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L’Absurdistan, dans un commerce près de chez vous

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La pandémie exige que l’on repense le fonctionnement de la société. On comprend le port du masque, la distanciation et le télétravail. La logique derrière l’interdiction d’ouvrir les cinémas, alors que l’on peut prendre un avion bondé est déjà beaucoup moins évidente. Mais il suffit d’une visite dans une pharmacie ou une grande surface pour se sentir téléporté en Absurdistan.

Subjectif

Dans son arsenal anti-COVID, Québec a savamment élaboré une liste des produits « essentiels » que nous pouvons acheter. Le hic, c’est que l’égalitarisme des besoins et des préférences n’existe pas. L’essentiel étant invariablement subjectif, vouloir en délimiter les pourtours relève de l’interprétation arbitraire de la liste. 

Ainsi, Québec insiste pour garder les écoles ouvertes. Mais il est impossible d’acheter des crayons, du papier d’imprimante ou un agenda dans une pharmacie. 

On peut se procurer un sac de chips, mais non un livre. Il semblerait que les calories vides soient plus essentielles que la nourriture de l’esprit.

On peut acheter des contenants en plastique, mais non des contenants similaires en verre, même s’ils sont disposés sur la même tablette. 

On peut acheter du café, mais non une cafetière. Une boîte de thon, mais non des mitaines pour le four. De l’écran solaire, mais non des chaussettes. Des assiettes en carton blanc, mais non d’une autre couleur. Une crème antirides, mais non du fil à coudre. Des chandelles parfumées, mais non des cartes de vœux. 

Certes, on peut tout commander en ligne. Mais entre les frais de livraison, les délais imposés et les prix quelquefois supérieurs, les consommateurs se trouvent souvent perdants.  

Confiance

Dans sa lutte contre la COVID, l’État nous demande de lui faire aveuglément confiance et de respecter toutes ses consignes. Soit ! Mais ce serait tellement plus facile si, de son côté, il inspirait la confiance et la crédibilité avec des mesures logiques et cohérentes !