/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Le Canada, que c’est qu’c’est ça?

Coup d'oeil sur cet article

Êtes-vous friands de palmarès ?

C’est toujours très subjectif : pourquoi choisit-on telle ou telle personne, sur quels critères, et comment décide-t-on du rang de chacun ? Mais une liste, c’est aussi, parfois, très révélateur.

Le magazine Maclean’s (l’équivalent anglo de L’actualité) vient de publier son palmarès annuel.

« The power list » (La liste du pouvoir) regroupe « 50 Canadiens qui changent les choses, mènent le débat et façonnent la façon dont on pense et on vit ».

En lisant ça, je me suis posé une question : « Mais quel est donc ce pays dont parle ce magazine ? »

On regarde ce palmarès comme s’il s’agissait d’un pays étranger, d’une autre planète.

  • Écoutez l'éditorial de Sophie Durocher sur QUB radio:

LE « REST OF CANADA »

Sur 50 personnalités influentes, le magazine n’a réussi à en identifier qu’une poignée venant du Québec : Justin Trudeau (1re position) ; le commissaire fédéral à l’éthique Mario Dion (4e position) ; François Legault (11e position) ; Guy A. Lepage (14e position) ; Michael Sabia (23e position) et Philippe J. Fournier (43e position).

Signe que l’on vit deux solitudes, l’animateur de Tout le monde en parle a d’ailleurs été rebaptisé Guy Lepage et l’erreur n’a toujours pas été corrigée sur le site internet du magazine. 

Et la seule autre « personnalité » québécoise à se hisser dans ce palmarès d’influence est une morte... Joyce Echaquan (3e position).

C’est quand même bizarre que quelqu’un comme Laurent Duvernay-Tardif ne se retrouve pas dans ce palmarès. Et qu’aucun grand nom du Québec inc. ne s’y soit glissé. Alain Bouchard de Couche-Tard qui tente d’acheter le géant français Carrefour, ça n’est pas assez important pour Maclean’s ?

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

LA BONNE CAUSE

Ce palmarès est un parfait condensé de rectitude politique woke. Militants pour les droits des autochtones, contre le racisme ou pour la diversité de genre sont ceux qui se trouvent avoir le plus d’influence et de pouvoir aux yeux de Maclean’s.

Dans le descriptif du comédien trans Elliot Page (Juno, Umbrella Academy), on nous explique que « la communauté trans a longtemps déploré que Caitlyn Jenner, une républicaine de longue date, soit sa représentante la plus visible ».

Alors que Page, lui, penche du bon côté politique... Hé misère.

Mais ce qui me donne vraiment l’impression de feuilleter un magazine d’une contrée éloignée, c’est qu’à part les noms évidents de politiciens (O’Toole, Singh, Kenney, Tam, Freeland, Ford, etc.), je ne connais ni d’Ève ni d’Adam la moitié des personnalités qui sont supposément les plus influentes et puissantes au pays !

Et si je me promenais sur Grande Allée, à Québec, ou rue Sainte-Catherine, à Montréal, et que je soumettais le nom de ces personnalités supposément très puissantes, je suis certaine que monsieur et madame Tout-le- monde ne saurait pas non plus.

Si je vous dis Linda Hasenfratz, Terri-Lynn Williams-Davidson (Gid7ahl-Gudsllaay Lalaxaaygans), Chamath Palihapitiya, Teara Fraser, ça vous dit quelque chose ?

Je ne remets pas en question la présence de ces personnes sur la liste. Je dis seulement que le magazine fait le portrait d’un pays que je ne connais pas.

En lisant le palmarès de Maclean’s, une chanson de Charlebois m’est venue en tête : « Le Canada ha ha ha ha ha ha. Que c’est qu’c’est ça ha ha ha ha ha ha ? ».