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Opposition au changement de nom

Le groupe de partisans les Ultras a écrit à la direction du CF Montréal et demande de revenir à l’Impact

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Photo d'archives, Agence QMI Les Ultras qui occupent le tribune ouest du Stade Saputo ne ménagent rien pour mettre de l’ambiance dans l’enceinte lors des matchs de leurs favoris.

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Un peu plus d’une semaine après le dévoilement de la nouvelle identité de l’Impact, qui est devenu le Club de foot Montréal, la pilule est toujours dure à avaler pour de nombreux partisans.

Parmi ceux-ci, il y a les plus connus, soit les Ultras, ce groupe qui est installé dans la tribune ouest derrière le but et qui est le principal animateur des belles soirées au Stade Saputo.

Jeudi, le groupe publiait une lettre ouverte adressée au club dans laquelle il lui demandait de faire marche arrière et de revenir au nom Impact, qui a marqué les 28 premières années d’histoire de l’équipe.

«C’est une première étape dans notre stratégie, il y a d’autres actions qui sont planifiées dans les prochaines semaines», a indiqué Andrei lors d’une conversation téléphonique.

Si on ne nomme que son prénom, c’est parce que les membres du groupe préfèrent mettre celui-ci de l’avant plutôt que leur propre personne. Andrei n’est pas non plus le porte-parole officiel des Ultras. C’est seulement un membre qui était disponible pour parler au représentant du Journal.

Attachement

Souvent perçus comme flamboyants, voire percutants, les Ultras ont signé une lettre très polie et respectueuse qui exprime leur déception.

«Nous voulons démontrer l’attachement de notre groupe envers le nom de l’Impact de Montréal», explique Andrei.

«Depuis 2002, on est directement relié à ce nom et on est passé par beaucoup d’émotions, que ce soit des championnats, l’arrivée de l’équipe dans la MLS ou la Ligue des champions, dont la finale de 2015 »

Pour vous donner une idée, les Ultras et d’autres groupes remplissent une section qui peut accueillir 500 spectateurs lors des bonnes soirées et Andrei précise qu’environ 300 d’entre eux sont plus actifs. 

Juste un nom

«Souvent on entend les gens dire que c’est juste un nom et que ce sont les résultats sur le terrain qui comptent», déplore Andrei.

«Pour nous c’est le contraire, l’identité fait partie d’un écosystème qui se reflète sur le terrain. Entre ça, il y a aussi la direction du club et même les médias.»

Notre interlocuteur rappelle que les changements d’image sont pernicieux. On en a eu un bel exemple avec le ratage du Fire de Chicago, l’an passé, qui a tellement déplu aux partisans que le club de l’Illinois doit faire une nouvelle refonte.

«On aimerait que le club revienne sur sa décision au niveau du nom. On a vu ce qui est arrivé à Chicago, on espère que ça ne prendra pas une année pour faire marche arrière.»

«Pour ce qui est du logo, on aimerait qu’il y ait une consultation auprès des partisans.» 

Pas consultés

Parlant de consultation, même si les Ultras ont des contacts réguliers avec la direction, ils n’ont jamais vu le coup venir quand Radio-Canada a dévoilé qu’il y aura un changement de nom le mois dernier.

«On a eu des rencontres avec la haute direction du club dans les dernières années, dont Kevin Gilmore, et jamais rien de ça n’est sorti dans ces rencontres.»

Et quand ils l’ont appris, ils ont lancé une pétition qui a atteint près de 4200 signataires.

«Quand on leur a fait parvenir en décembre, il y avait 2500 signatures et ils ont quand même décidé d’aller de l’avant.»

Ridicule

Pour les Ultras, le nom Club de foot Montréal ne passe tout simplement pas.

«C’est un peu ridicule d’essayer de s’approprier un terme qui est plus ou moins utilisé comme “foot”. On est venu effacer l’histoire qui est rattachée à l’Impact de même que l’identité à laquelle les gens sont attachés.»

«On est conscients que, dans un club, le logo, le chandail et les couleurs sont voués à évoluer. C’est plus le discours du changement identitaire qui nous pose problème.»

Et s’ils n’aiment pas le nom, que pensent-ils du logo? «Le logo, ça reste une question artistique et de goût, pour l’instant on n’est pas dans une position de commenter», souligne Andrei.