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Comment a-t-on pu ignorer le passé de Payette?

Comment a-t-on pu ignorer le passé de Payette?
Photo AFP

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Je me souviens très bien de l’enthousiasme débordant qu’a suscité dans l’entourage de Justin Trudeau la nomination de Julie Payette comme gouverneure générale.

L’ambiance était à la fête.

À première vue, Mme Payette avait la tête de l’emploi, comme mère monoparentale, surdouée et première femme canadienne à monter à bord de la Station Spatiale Internationale.

Un vrai coup de circuit, pensait-on au bureau du premier ministre.

Des squelettes

Il suffisait pourtant de creuser un peu dans le passé de Mme Payette pour découvrir que cette candidature était loin d’être idéale.

Les journalistes n’ont pas mis de temps à déterrer des squelettes dans le placard de Mme Payette, peu après son entrée en poste.

Ses passages récents au Centre des sciences de Montréal et au Comité olympique canadien se sont tous deux terminés en queue de poisson à la suite d’allégations de harcèlement.

Mais Justin Trudeau et son entourage n’ont rien vu. Ont-ils au moins cherché ?

De deux choses l’une. Soit le bureau du premier ministre a été aveuglé par l’étoile de Mme Payette, soit il est coupable d’avoir cruellement manqué de rigueur dans la sélection.

L’échec provient sans doute d’un mélange des deux.

On le sait, le gouvernement Trudeau raffole des symboles, ce qui n’est pas en soi une tare. 

Mais dans la nomination de Mme Payette, on peut y voir une obsession qui trahit un manque de souci du détail. 

Responsable

M. Trudeau a personnellement choisi Mme Payette en faisant fi du processus de sélection par comité mis en place par les conservateurs de Stephen Harper.  

Hier, Justin Trudeau a malgré tout refusé net de prendre une quelconque responsabilité pour ce fiasco. 

Vous me direz qu’il est facile, après coup, de porter ce genre de jugement. Mais les drapeaux rouges étaient nombreux.

À cause de ce choix malavisé, des dizaines de personnes ont vu leur milieu de travail transformé en « maison des horreurs », comme ils l’ont eux-mêmes décrit.

M. Trudeau aurait pu se dire désolé de la tournure des événements en s’adressant aux victimes, hier.

Il a préféré balayer tout cela sous le tapis.