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Comment votre comportement durant l’enfance peut prédire votre capacité à être en couple à l’âge adulte

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Comment trouver la relation de couple qui va durer ? Il s’agit là d’une des plus vieilles interrogations de l’être humain. Les traits de caractère, tels que la chaleur humaine, la capacité de faire attention à l’autre, la sociabilité, et la confiance, semblent être importants. 

Mais notre comportement, lorsque nous étions enfants, pourrait-il présager de nos chances de rencontrer l’être cher ?

Une nouvelle étude que mes collègues et moi-même avons publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry démontre que les enfants repérés par leurs enseignants à l’école élémentaire comme souffrant d’anxiété ou d’un déficit d’attention étaient plus susceptibles de rester seuls entre 18 et 35 ans. Et que les enfants agressifs oppositionnels – c’est-à-dire ceux ayant tendance à se battre, à intimider et à désobéir – avaient plus de chance de rompre et de se retrouver sans partenaire. 

À l’inverse, les enfants faisant preuve de gentillesse, capables d’aider les autres et respectueux se retrouvent dans des relations durables dès le début de l’âge adulte.

Notre étude donne à penser que les germes de nos relations futures se mettent en place et sont repérables dès avant l’adolescence.

Il y a bien des avantages à vivre une relation de bonne qualité. Soutien émotionnel, partage des responsabilités parentales, sécurité socio-économique, tout ça pouvant mener à la maturité et diminuer ainsi les névroses tout en améliorant l’estime de soi.

Pourquoi cette étude ?

Nous avons basé notre analyse sur un échantillon de près de 3000 enfants canadiens qui avaient été évalués par leurs professeurs en termes de déficits d’attention, d’hyperactivité, d’agressivité, d’opposition, d’anxiété et de prosocialité, et ce, aux âges de 10, 11 et 12 ans. Nous les avons ensuite suivis jusqu’à l’âge adulte afin de pouvoir examiner leurs déclarations de revenus (rendues anonymes).

Puisque Revenu Canada exige que les personnes mariées ou vivant avec un conjoint communiquent leur situation familiale, nous avons pu identifier statistiquement les groupes d’individus répondant à des schémas relationnels spécifiques. 

Nous avons ensuite recoupé ces résultats avec leur évaluation comportementale antérieure. Nous avons tenu compte du niveau socio-économique des participants, car certaines études ont prouvé leur influence sur le comportement des couples.

Nous avons découvert que les sujets qui étaient anxieux durant leur enfance étaient plus susceptibles de ne pas être en couple entre les âges de 18 et 35 ans. Et que ceux qui se séparaient tôt (vers 28 ans) et redevenaient célibataires étaient plus susceptibles d’avoir présenté des signes d’agressivité et d’opposition dans leur enfance. 

Il est intéressant de noter que les enfants inattentifs avaient plus de chance de se retrouver dans les groupes célibataires ou s’étant séparés tôt.

On ne devrait pas évaluer cette étude comme un débat normatif sur le bien-fondé de la vie de couple, ce qui impliquerait que les gens devraient être en relation de couple, ou que « durer, c’est mieux ». Il s’agit de décisions éminemment personnelles et qui dépendent avant tout de préférences individuelles, d’objectifs dans la vie, du contexte financier, des ambitions professionnelles, etc.

Soutenir nos enfants

Les comportements sont relativement stables au cours d’une vie : il est donc probable que la persistance d’un comportement d’enfant – comme l’agressivité ou l’anxiété – persiste à l’âge adulte, d’où des difficultés à former et à entretenir des relations durables.

Il n’est donc pas surprenant que les enfants prosociaux se retrouvent dans des relations stables et de longue durée. Ils ont tendance à mieux s’entendre avec leurs pairs, à mieux réussir leur scolarité et à gagner davantage, ce qui augmente leur désirabilité auprès de partenaires potentiels.

Les partenariats réussis dépendent d’une multitude de facteurs, tant individuels que contextuels, et le comportement d’un individu durant son enfance ne représente qu’un élément d’un ensemble beaucoup plus large. Notre étude démontre que les problèmes comportementaux chez l’enfant représentent des défis qui se répercutent partout dans leur vie, incluant les relations de couple.

Un suivi et un soutien précoces sont essentiels. Les programmes qui ciblent les enfants aux comportements perturbateurs, anxieux et souffrant d’un déficit d’attention, et qui mettent en avant les compétences socioémotionnelles peuvent être bénéfiques et durables tant pour l’individu que pour sa famille, et la société en général. Après tout, il y a bien des raisons d’encourager la bonne conduite ! 

Francis Vergunst

Chercheur postdoctoral en santé publique développementale, Université de Montréal

En collaboration avec le site de journalisme académique La Conversation Canada