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L’administration Biden met les Hispaniques sur le devant de la scène

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Buste de César Chávez dans le Bureau ovale, Jennifer Lopez en vedette à la cérémonie d’investiture, le retour de l’espagnol sur le site internet de la Maison-Blanche: la présidence Biden marque le début d’une nouvelle ère pour les latinos aux États-Unis.

Un buste en bronze du militant des droits civiques américain d’origine mexicaine César Chávez trône désormais dans le Bureau ovale, au milieu des photos de famille de Joe Biden, un symbole très remarqué par la presse hispanique. 

M. Chávez, mort en 1993, est connu pour les luttes paysannes qu’il a menées dans les années 60 en Californie.

Le président démocrate multiplie les attentions à l’égard de la communauté hispanique, qui représente 18% de la population américaine, soit la plus large minorité ethnique du pays. 

Artiste vedette — aux côtés de la star Lady Gaga — de la cérémonie d’investiture de Joe Biden, la diva latina Jennifer Lopez avait fait sensation en ponctuant son interprétation musicale d’un message en espagnol.  

«Une nation sous l’autorité de Dieu, indivisible, avec unité et justice pour tous!», s’était exclamée la chanteuse new-yorkaise d’origine portoricaine.

Quelques heures plus tard, l’arrivée de Joe Biden aux commandes du pouvoir a signé le retour de la version espagnole du site internet de la Maison-Blanche, abandonnée pendant la présidence Trump.

«Ouverture»

Les gestes symboliques s’accompagnent aussi de mesures concrètes.

Dès le premier jour de son mandat, le nouveau président américain a signé une série de décrets, l’un d’eux ordonnant la suspension de la construction d’un mur à la frontière mexicaine, projet phare de son prédécesseur Donald Trump et symbole de sa politique controversée de lutte contre l’immigration clandestine, principalement latino-américaine.

Parmi les autres mesures, figure aussi un moratoire de 100 jours sur la plupart des expulsions de migrants. 

Ces décisions ne sont que les prémices d’une vaste réforme migratoire voulue par l’administration Biden visant à régulariser le statut de 11 millions de sans-papiers actuellement aux États-Unis, dont 5 millions d’immigrés mexicains et 2 millions venant d’Amérique centrale. 

L’attitude du président démocrate montre une «ouverture» à l’égard des latinos, lesquels lui ont apporté un fort soutien électoral, explique à l’AFP Arturo Vargas, directeur de NALEO, une organisation non gouvernementale qui promeut la participation politique des Hispaniques. 

Sur les 20 millions d’électeurs hispaniques ayant voté à l’élection présidentielle du 3 novembre, près de 70% se sont prononcés en faveur de Joe Biden, et seul un tiers a glissé un bulletin pour Donald Trump.

«Reconnaissance»

L’action de l’administration Biden est aussi un signe de «reconnaissance de la contribution» quotidienne des latinos «au progrès du pays», selon Clarissa Martinez, vice-présidente de UnidoUS, principale association de défense des droits des Hispaniques aux États-Unis.  

«C’est particulièrement important pour cette communauté qui a été victime d’une forte diabolisation ces quatre dernières années», souligne-t-elle.

L’administration démocrate comptera, s’ils sont confirmés par le Sénat, trois membres d’origine hispanique, un record. 

Xavier Becerra, dont la mère est d’origine mexicaine, a été nommé ministre de la Santé par M. Biden; Alejandro Mayorkas, né à Cuba, sera le premier Hispanique à diriger le ministère de la Sécurité intérieure, tandis que Miguel Cardona, d’origine portoricaine, prendra la tête du ministère de l’Éducation.