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Michel Bergeron a tout tenté pour empêcher Mike Bossy d’atteindre le cap des 50 buts en 50 matchs

Michael Bossy
Photo d'archives Un joueur des Nordiques tentant de ralentir le prolifique buteur des Islanders de New York Mike Bossy.

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Le soir du 24 janvier 1981, Michel Bergeron n’avait qu’une seule idée en tête : faire en sorte qu’on ne se souvienne pas des Nordiques de Québec comme de l’équipe ayant permis à Mike Bossy d’atteindre le cap des 50 buts en 50 matchs. 

Avant cette rencontre entre les Islanders de New York et les Nordiques, Bossy affichait 48 buts au compteur en 49 matchs. Il lui en fallait donc deux, ce soir-là, pour atteindre la marque des 50 en 50. 

Évidemment, Bergeron savait que c’était à la portée de l’attaquant des Islanders et qu’il serait difficile de le contenir. Avant le 24 janvier, les Nordiques avaient affronté Bossy à deux reprises. Le 30 novembre 1980, Québec était parvenue à le tenir hors de la feuille de pointage malgré un revers de 7 à 3, mais ce dernier s’était repris, le 20 décembre, en inscrivant un but et deux aides pour aider les Isles à défaire les Nordiques au compte de 5 à 2. 

Il le savait aussi parce que, même si c’était la première année qu’il l’affrontait dans la LNH, il avait un historique bien documenté avec Bossy dans les rangs juniors. 

«Même junior, on avait une équipe supérieure à Laval et Mike trouvait toujours le moyen de nous faire mal. Notre plan de match consistait à 95 % à le contrer, mais il finissait toujours par marquer un gros but», se remémore Bergeron. 

D’ailleurs, en 1977, alors qu’il était entraîneur-chef et directeur général des Draveurs de Trois-Rivières, Michel Bergeron avait tenté de faire l’acquisition de Bossy du National de Laval. 

«On avait fait une offre exceptionnelle au National et il y avait eu une surenchère parce que Sherbrooke était aussi intéressée. Finalement, Johnny Rougeau m’avait appelé pour me dire qu’il n’y aurait pas d’entente parce que s’il échangeait Bossy, les foules à Laval allaient tomber à plat.» 

UNE MISSION À ALAIN CÔTÉ

Le 24 janvier 1981, donc, Michel Bergeron parle à son attaquant Alain Côté et il lui donne la mission de surveiller Bossy. Une mission que le « Bœuf de Matane » était habitué à remplir. 

«Mike savait qu’on lui porterait une attention particulière. Ce soir-là, je coachais pour l’empêcher de battre son record. Quand tu joues contre un joueur qui est près d’une marque comme celle-là, tu ne veux pas qu’il le fasse contre ton équipe. On pensait à la victoire avant tout!», se rappelle le Tigre. 

Bien qu’il veuille le plus possible jumeler Côté à Bossy, son vis-à-vis derrière le banc des Islanders, Al Arbour, est un fin renard. 

«Je n’avais pas le dernier changement ce soir-là puisqu’on était à l’étranger. Al Arbour envoyait Mike sur la glace aux deux présences et il se foutait de qui j’envoyais pour le contrer. Lui, il voulait que Mike réalise l’exploit, tout comme son joueur de centre Bryan Trottier.» 

Les Nordiques réussissent néanmoins à contenir Bossy durant deux périodes et un peu plus de 15 minutes. Toutefois, avec 4 min 10 s à faire au match, le Québécois, qui venait de souffler ses 24 bougies, inscrit son 49e en avantage numérique, puis en rajoute moins de trois minutes plus tard. 

«Je me souviens de sa célébration. Il dansait sur la glace ! C’était un moment magique pour lui. Je ne voulais pas que ça arrive, mais, une fois fait, j’étais content pour Mike. Au final, c’est le talent qui l’a emporté.» 

ET SI?

Bergeron et Bossy se sont affrontés ensuite pendant plusieurs saisons, jusqu’à la retraite de l’attaquant au terme de la saison 1986-1987. 

Et dire que ça aurait pu être le cas, mais avec un Mike Bossy dans l’uniforme du Canadien! Parce que Bergeron ne manque pas de rappeler qu’au repêchage de 1977, le Tricolore avait jeté son dévolu sur Mark Napier au 10e rang alors que Bossy était disponible. Il était tombé dans les mains des Islanders, au 15e échelon. 

«Au repêchage, je me souviens que les gens disaient qu’il était fragile. Je peux te dire une chose : à Trois-Rivières, on le brassait pas à peu près et il marquait quand même! Et on osait même parler de son jeu défensif. Voyons donc! Ç’a été une erreur monumentale du Canadien. Sans Bossy, les Islanders n’auraient pas connu le succès qu’ils ont eu.»