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Trois grands blancs à se mettre sous la dent!

Trois grands blancs à se mettre sous la dent!
Photo Patrick Désy

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Histoire de faire écho à la chronique de ma collègue Nadia, voici trois excellents vins blancs facilement disponibles à la SAQ actuellement.

Buvez moins. Buvez mieux.

Domaine Luneau-Papin, Vera Cruz 2018, Muscadet-Sèvre et Maine, France

J’aime beaucoup la cuvée Froggy du couple Pierre Luneau et Monique Papin qui, au début des années 1990, a mis en commun le vignoble familial de chacun. On y retrouve un patrimoine de vignes âgées qui sont cultivées en bio et biodynamie. 

Les vins du domaine sont reconnus pour leur potentiel de développement dans le temps et cette cuvée Vera Cruz en est la preuve. Des vignes de melon de bourgogne d’une quarantaine d’années exposées plein sud. Élevage d’une dizaine de mois sur lie. Un millésime 2018 d’une grande qualité. Et ça se sent dans le verre. Sur la retenue à l’ouverture, le vin laisse échapper des parfums d’abricot, d’agrumes et d’herbe de mer qui pourraient faire penser à un riesling. La bouche est délicate, d’assez bonne densité et détaillée par une acidité fine et vibrante. Finale salivante et saline qui rappelle l’huître. Un vin qui se laisse boire avec une facilité déconcertante, mais qui pourra évoluer avec grâce une bonne dizaine d’années, voire plus. Un rapport qualité/prix remarquable.

★★★ 1⁄2 $$ 1⁄2 

Albet i Noya, Xarel-Lo El Fanio 2019, Penedès, Espagne

Un des meilleurs rapport qualité/prix en blanc autour de 20 $ à la SAQ. 

Élaboré à partir de vieilles vignes de xarel-lo (prononcez cha-rel-lo), un cépage surtout utilisé pour le cava, cultivées en bio et provenant d’une parcelle d’un seul tenant sise dans le Penedès. Une petite production qui tourne autour de 6000 bouteilles dans les bonnes années. C’est le cas pour ce 2019 (meilleur que le 2018) qui offre des parfums bien ouverts et charmeurs de poire, de melon, d’herbe et d’embrun marin. 

La matière un peu stricte, quoique riche, gagne en détail au fur et à mesure que le vin monte en température. Le tout s’articule autour d’une acidité fine. Finale sapide sur de beaux amers. Beaucoup de plaisir!

★★★ $$

Rotem & Mounir Saouma, Inopia Blanc 2018, Côtes du Rhône Villages, France

C’est un projet rhodanien de Lucien Le Moine, le négoce bourguignon qui a le vent dans les voiles depuis quelques années. Mais ne cherchez pas le vigneron Lucien Le Moine, il n'existe pas. Ou, du moins, pas tout à fait. Il s’agit plutôt de Mounir et Rotem Saouma, un couple libanais aussi passionné que talentueux. Il est question ici d’un blanc bien typé du sud: dominante de grenache blanc complétée par la marsanne, la roussanne, la clairette, le bourboulenc et le viognier. 

Pressés mécaniquement, les jus vont fermenter dans des muids de 500 litres et dans des œufs en béton de 1600 litres où ils vont reposer sur lies sans intervention pendant 18 mois. Il en résulte un vin un peu sur la réserve à l’ouverture, mais qui au contact de l’air, va se décupler en arômes et évoluer en texture. 

Des notes d’agrumes frais, de lavande, de fleur d’oranger et d’iode. La bouche est corpulente tout en montrant une acidité énergique qui maintient le tout dans un équilibre remarquable. Longue finale savoureuse marquée par une amertume noble. Belle évolution sur les 24h d’ouverture, ce qui laisse présager un potentiel de garde intéressant. 

★★★ 1⁄2 $$$

Légende

★ Correct

★★ Bon

★★★ Très bon

★★★★ Excellent

★★★★★ Exceptionnel

Plus d’étoiles que de dollars: vaut largement son prix.

Autant d’étoiles que de dollars: vaut son prix.

Moins d’étoiles que de dollars: le vin est cher.