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Ha! Si j’étais gouverneur général

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Photo d'archives, AFP Depuis des générations, cet artéfact rappelle à la mémoire collective qu’en 1759, les Anglais ont battu les Français sur les plaines d’Abraham à Québec.

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Je ferais ce que le président français, Emmanuel Macron, a eu le courage de faire. Je reconnaîtrais publiquement que la colonisation est un crime contre l’humanité. Et je tendrais la main de la réconciliation.

La reine d’Angleterre est la souveraine et le chef d’État du Canada. Le gouverneur général est censé être son représentant officiel au Canada. Il est censé exercer quotidiennement et pleinement les tâches de chef d’État sur l’ensemble du territoire canadien conquis.

Il est également censé exercer les tâches de chef d’État à l’étranger. Et par ailleurs, il est censé être le commandant en chef du Canada.

Une approche constructive

Alors, si j’étais gouverneur général, je ne considérerais cette fonction ni comme une finalité en soi, ni comme une source d’intérêt personnel. 

Mon objectif fondamental serait d’exercer le pouvoir qui m’est conféré pour réconcilier l’ensemble du Canada et maintenir le Québec dans l’Union.

Je mettrais fin aux multiples impostures du gouvernement fédéral dans les affaires du Québec. Depuis Maurice Duplessis, le Québec a constamment dénoncé les tentatives d’usurpation par Ottawa, de la capacité du Québec à fixer ses priorités spécifiques.

Le pouvoir de dépenser que détient le gouvernement fédéral au Québec constitue un réel irritant au sein du fédéralisme canadien. J’y mettrais fin.

Je répondrais positivement aux demandes historiques du Québec en matière d’immigration, de culture, de communication et de langue. Et je donnerais des garanties sur le maintien et la constance de son poids politique à la Chambre des communes.

Respect du Québec

Je protégerais l’intégrité de la loi québécoise sur la laïcité.

Je m’assurerais qu’un projet de loi destiné à soustraire le Québec de la loi sur le multiculturalisme canadien à la faveur de l’interculturalisme soit voté et appliqué.

Je reconnaîtrais que le Québec est une Nation libre de décider seule son destin. 

Et je m’engagerais à ce que cela soit enchâssé dans la Constitution.

En somme, je m’assurerais que le Québec obtienne l’ensemble des pouvoirs qu’il réclamait sous l’égide de Robert Bourassa et de René Lévesque.

Pour la diversité

De plus, je prendrais soin des blessures et des stigmates nés de la loi fédérale sur les Indiens. La preuve tangible d’un racisme systémique.

Le français est une langue minoritaire et fragile en Amérique du Nord. 

Aussi, c’est avec détermination que je veillerais sur la vitalité et la pérennité de l’expression de cette langue partout à travers le Canada.

La mascarade

Mais ça n’arrivera malheureusement pas, car cette fonction n’est qu’une mascarade. « Gouverneur général » au Canada, c’est un artéfact radioactif de l’Empire colonial britannique.

« Gouverneur général » au Canada, c’est la signature permanente de la domination coloniale britannique. Un symbole amer. Et une vaste majorité de gens au Québec n’en attend rien.

Depuis des générations, cet artéfact rappelle à la mémoire collective qu’en 1759, les Anglais ont battu les Français sur les plaines d’Abraham à Québec. C’est ça la finalité.