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«Netflix de la Santé»: un médecin sur demande pour 15$ par mois

Le propriétaire de l’entreprise québécoise Airmedic se lance dans la télémédecine

Olive
Photo Chantal Poirier Le président d’Olive, Stéphan Huot, dans les locaux de l’entreprise, à Brossard.

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Alors que les hôpitaux croulent sous le poids de la COVID-19, un entrepreneur de Québec lance un « Netflix de la Santé » à 15 $ par mois, qui donne accès à distance à un médecin 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

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« Quand vous êtes dans l’application, immédiatement, en quelques secondes, maximum une minute, vous allez parler à un professionnel de la santé », promet Stéphan Huot, président d’Olive, à ses bureaux flambants neufs du boulevard Taschereau, à Brossard.

À Québec, l’homme d’affaires à la tête du Groupe Huot détient une cinquantaine d’entreprises, de l’immobilier, à la construction, en passant par les vêtements... il est aussi propriétaire de la compagnie d’évacuation médicale d’urgence Airmedic depuis 2012.

« C’est une idée que je chérissais depuis cinq ans pour Airmedic. Je voulais avoir une application en télémédecine pour aider. On a déjà une centrale d’urgence. Je voulais que nos membres aient des médecins en direct », poursuit Stéphan Huot, lui-même pilote d’avion, d’un ton posé.

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Constat d’une demande

Ces dernières années, il constatait que les clients qui font appel à sa compagnie Airmedic voulaient souvent voir des docteurs en vidéoconférence pour toutes sortes de raison.

« On a presque 200 personnes, des professionnels de la santé, des pilotes. On a huit bases au Québec, hélicoptères, avions, etc. J’avais ça dans le cœur. Je me suis dit : “Pourquoi ne pas faire quelque chose pour les Québécois” ? », ajoute l’homme d’affaires.

Avec la pandémie, les choses ont déboulé. Le projet a décollé à la vitesse de l’éclair. Les blocs se sont posés. L’entreprise a pris son envol en dix mois.

À deux pas de lui, son chef de l’exploitation, Carl Guérard, souligne que 20 médecins et 25 infirmières sont prêts à répondre aux besoins des clients d’Olive, et que ce nombre s’apprête à doubler d’ici la saison chaude.

L’équipe compte aussi des « agents » et des « coordonnateurs » de soins pour gérer la clientèle et la référer à leur médecin de famille si nécessaire.

« On parle d’un abonnement de 15 $ par mois, pas d’engagement, pas de contrat. Ce sont des téléconsultations illimitées, des ordonnances, des certificats médicaux et l’accès à la centrale d’urgence », souligne-t-il.

Service complémentaire

Soins aigus, maladies chroniques, santé mentale ou sexuelle... Olive peut fournir les avis médicaux nécessaires à ses clients, soutient la compagnie.

Pour la famille de quatre personnes, l’abonnement s’élève à 39 $ par mois, pour une facture totale de 468 $ plus taxes par année.

« On pense faire de l’argent à long terme avec Olive, laisse tomber Stéphan Huot, debout dans sa salle de conseil fraîchement peinte. Avec Airmedic, ça a pris quasiment huit ans avant de rentabiliser l’entreprise ».

Contrairement à Dialogue, qui offre surtout ses services aux entreprises pour leurs employés, Olive s’adresse directement aux consommateurs.

Pour Sanjeev Sirpal, directeur médical d’Olive, pas question de se substituer au public, mais de lui donner un coup pouce pour le désengorger.

« Il y a des choses à améliorer dans notre système de santé, c’est sûr, mais l’idée n’est pas de le remplacer, mais d’offrir des services complémentaires », dit-il.

« Ce n’est pas une position noire et blanche, le privé et public, c’est vraiment une complémentarité », estime aussi Marc Gosselin, médecin-conseil pour elle.

Côté salaire, la compagnie souligne que les docteurs ne sont pas rémunérés par les patients, mais bien par Olive, qui est « un tiers payeur » pour le service.

À peine lancée, l’application a déjà été présentée au chef du cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux (MSSS), Lionel Carmant.

Lundi matin, le cabinet du ministre a indiqué que son directeur n’a pas eu de présentation de l’application par l’entreprise, ni aucun échange à ce sujet, mais qu'un communiqué de presse lui a été partagé.

– Avec Andrea Valeria


L’entreprise s’appelle Olive en l’honneur du personnage de bandes dessinées. « Olive, c’est beau, c’est joli. On pense souvent à Olive dans Popeye. Tout le monde l’aime, Olive », explique Stéphan Huot.