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«Dans les médias» : sans complaisance ni élitisme

«Dans les médias» : sans complaisance ni élitisme
PHOTO COURTOISIE T�L�-QU�BEC

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L’équipe de «Dans les médias» n’aurait pu espérer période plus faste en contenu lors de son arrivée en ondes à Télé-Québec, à l’automne 2017, entre transformations numériques, politique américaine constamment en manchette, émergence des influenceurs et autres tendances en ébullition. 

Près de quatre ans plus tard, la matière abonde encore, pandémie en prime.

Chaque semaine, la tribune hebdomadaire de Marie-Louise Arsenault – qui a quitté sa case horaire du jeudi pour s’installer le mercredi, à 21 h, depuis le début de l’année – s’intéresse aux enjeux médiatiques, des plus pointus aux plus rassembleurs, et suit de près ces évolutions et hauts faits qui modèlent nos écrans, journaux, radios et autres canaux de communication.

«L’affaire la plus dure, dans cette émission-là, c’est de se mettre d’accord sur les sujets qu’on va aborder chaque semaine, raconte Marie-Louise Arsenault. Il y a une telle abondance que ça devient crève-cœur. On a toujours beaucoup d’idées de ce qu’on pourrait, ou qu’on aurait pu faire, avec beaucoup de sujets...»

Avec intelligence

Marie-Louise Arsenault aime tout de «Dans les médias» : ses entrevues qu’elle mène maintenant en tête-à-tête (en raison des mesures de distanciation), le fait d’avoir des collaborateurs (Félix Séguin de TVA, qui parlera cette semaine des enquêtes sur la police, Noémi Mercier qui sera bientôt à Noovo, Monic Néron de Radio-Canada et Télé-Québec, etc) et convives de tous les réseaux, et le ton ni complaisant, ni élitiste de son magazine.

On jase autant, à sa table, de téléréalité avec Marie-Élaine Thibert que de l’engouement des journalistes pour le hockeyeur Alexis Lafrenière, de l’image des politiciens, du projet de loi C-10 sur les géants du web, du marketing de peur ou des coulisses du procès Rozon. Sophie Lorain s’y est brillamment exprimée sur l’avenir de la télé québécoise, et Marina Orsini, sur la nudité à l’écran.

Et il fallait entendre l’animatrice confronter Patrick Lagacé sur l’absence de femmes aux micros du 98,5, l’automne dernier, pour constater que la flatterie dans le sens du poil n’est pas sa tasse de thé. Il se dit, à «Dans les médias», beaucoup de choses qu’on n’entend pas ailleurs.

Le principal credo de Marie-Louise Arsenault? Traiter public et invités intelligemment.

«Quand Michèle Richard est venue sur le plateau l’an dernier, elle m’a tellement remerciée, et c’est exactement ce qu’elle m’a dit : "Vous m’avez traitée comme une personne intelligente". Je sentais qu’elle était émue. Souvent, les gens parlent d’elle avec un sourire en coin, alors que c’est une femme qui a du vécu, et c’est sûr qu’elle a un regard sur les médias. Elle comprend comment ça marche. Elle n’a pas fait une carrière de 60 ans en ne sachant pas jouer cette "game"-là», argue Marie-Louise, en se remémorant cette entrevue dédiée aux journaux à potins.

«C’est un privilège de travailler dans les médias, d’avoir l’antenne, d’avoir des lecteurs. Le moins qu’on puisse faire, c’est d’essayer de s’adresser au plus grand nombre de gens possible, d’être pédagogique, de parler d’enjeux importants et de donner la parole de façon respectueuse.»

Rêves d’entrevues

Maintes fois encensée pour ses qualités d’intervieweuse, Marie-Louise Arsenault n’est pas encore rassasiée de rencontres et aimerait mener encore plus de grandes entrevues à la télévision. De véritables face-à-face, sans flagornerie, elle en rêve.

«Un vrai "hot seat", précise-t-elle. Pas une célébration de "ta vie, ton œuvre, c’est donc sympathique". Jaser avec des gens qui sont dans l’actualité, j’ai très envie de faire ça. Je trouve que ça manque à la télé, il n’y en a pas vraiment en ce moment. Une tribune où les gens pourraient s’exprimer librement et dénoncer ce qu’ils veulent. Une petite montée de lait, de temps en temps, ça ferait du bien! On vit à une époque où il se passe beaucoup d’affaires graves, et on en laisse beaucoup passer. Je trouve que l’entrevue est presque devenue un exercice d’admiration. Je pense que je suis rendue là», avance la timonière de «Plus on est de fous, plus on lit», à ICI Première, qui cumule une trentaine d’années de carrière.

  • «Dans les médias», mercredi, 21 h, à Télé-Québec.