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On a fini par s’habituer aux chiffres de la COVID

On a fini par s’habituer aux chiffres de la COVID
AFP

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Chaque jour, le gouvernement nous annonce le nombre de nouveaux cas de COVID-19 et le nombre de vies que nous aura coûtées ce foutu virus.

Je me souviens des premiers jours et de la terreur qu’on ressentait, tétanisés devant le point de presse de 13 h. Aujourd’hui, plus rien.

Trop, c’est comme pas assez

À force d’entendre des chiffres quotidiennement, on finit pas ne plus les comprendre.

On dit souvent que les chiffres ne mentent pas, ou encore qu’on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, notamment dans les sondages.

Mais on peut aussi faire taire les chiffres, en abusant d’eux. Les Québécois veulent plus de transparence (j’en suis), mais à quel prix ? Depuis mars, on dirait qu’on donne de moins en moins de sens aux chiffres de la pandémie.

Et les vies, elles ?

Derrière chaque cas de COVID-19, il y a une personne malade.

Derrière chaque mort, il y a une vie qui s’éteint, une famille qui vit un deuil, des rêves qui ne se réaliseront pas, un drame qu’on refuse de voir.

Comme avec toutes les situations qui font trop mal, on finit par s’habituer.

Réflexe de protection ou simple désensibilisation ? On ne regarde plus les chiffres de la COVID comme des vies brisées, mais comme des points sur une courbe, des statistiques. Quelle tristesse !

Je me souviens du 6 juillet 2013 comme si c’était hier. Un train fou venait de faucher la vie de 47 personnes et de détruire un centre-ville entier. Le Québec au grand complet a porté le deuil pendant des mois.

Hier, on apprenait le décès de 43 personnes de plus à cause de la COVID-19. 

43.

Eh bof ! On a relevé les yeux de notre téléphone et on a continué notre journée en se disant que c’était pas si pire. Comme si 43 morts, c’était devenu une bonne nouvelle.