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Humiliations publiques, cris, hurlements: le rapport d'enquête sur le climat «toxique» créé par Julie Payette rendu public

Un rapport qui décrit un climat toxique sous la gouverne de Julie Payette

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Humiliations publiques, cris, hurlements, commentaires rabaissants: voici quelques exemples de ce que les employés de l’ex-gouverneure générale Julie Payette ont subi au travail, selon un rapport d’enquête dévoilé mercredi soir.

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Le document de 132 pages qui a mené à la démission de Mme Payette la semaine dernière apporte un nouvel éclairage sur l’ampleur du climat toxique qui régnait à Rideau Hall sous sa gouverne.      

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:  

On souligne, dans le rapport lourdement caviardé, que les enquêteurs ne s’attendaient pas à mener autant d’entrevues avec d’anciens ou actuels employés, ou avec des témoins importants, qui en avaient visiblement gros sur le cœur.   

Au total, 92 personnes ont été interrogées entre le 19 octobre et le 23 novembre 2020 dans le cadre de cette enquête lancée l’été dernier par le Bureau du Conseil privé (BCP), qui est en quelque sorte le ministère du premier ministre.

Rideau Hall compte environ 150 employés.  

Après des mois de travail, la firme privée Quintet Consulting Corporation, chargée de l’enquête, a finalement conclu qu’il y avait «un sérieux problème» requérant «l’attention immédiate du BCP».     

  • Écoutez la chronique de Sophie Durocher avec Pierre Nantel sur QUB radio:   

Environnement toxique

Près de la moitié des personnes interrogées ont parlé de leur environnement de travail comme d'un milieu hostile et négatif où «les employés sont stressés et épuisés», peut-on lire dans le document publié en anglais seulement.  

Un peu plus d’un quart des 92 participants ont utilisé les mots «toxique», «empoisonnée» ou des synonymes pour décrire l’atmosphère qui régnait dans ce bureau «non inclusif». 

Près d’une dizaine de personnes ont dit évoluer dans un climat de terreur, d’autres disant marcher sur des œufs. 

Une vingtaine de personnes ont également confié avoir été témoins de harcèlement ou ont évoqué des comportements de harcèlement au bureau.    

  • Écoutez la chronique de Gilles Proulx sur QUB radio:    

Vague de départs

C’est sans compter les 17 personnes qui ont indiqué avoir démissionné du bureau de l’ancienne astronaute au cours de son mandat, à cause du climat de travail qui y régnait. Seize sont parties dans la dernière année. 

Treize autres ont indiqué qu’elles étaient parties en congé maladie.

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Ce climat de travail toxique, qui dure depuis l’entrée en fonction de la représentante de la reine en octobre 2017, a provoqué un «roulement de personnel record», «des départs en masse» et l’exode d’employés compétents, est-il écrit.

Selon le document, les employés «ne sentaient pas qu’ils pouvaient exprimer leurs préoccupations». 

Les enquêteurs ont retranscrit les témoignages sur près de 500 pages. 

Avec Guillaume St-Pierre et Anne-Caroline Desplanques

Extraits du rapport accablant       

Climat insoutenable

«Quarante-trois participants ont décrit l’environnement de travail comme étant hostile et négatif. Vingt-six participants ont utilisé les mots “toxique” et “empoisonnée” pour décrire l’atmosphère générale au travail au Bureau du secrétaire du gouverneur général pendant le mandat actuel. Huit participants ont utilisé les expressions de climat/règne de peur/terreur et 12 ont dit marcher sur des œufs. Vingt participants ont rapporté avoir été témoins de harcèlement dans leur environnement de travail ou ont fait référence à des comportements de harcèlement au bureau.»

Démissions

«Spécifiquement, 17 participants ont rapporté qu’ils ont quitté le Bureau du secrétaire du gouverneur général (BSGG) pendant le mandat actuel à cause de l’environnement de travail au BSGG. Plus loin, les participants ont observé qu’au moins 16 employés ont quitté leur poste en moins d’un an. En plus, 13 participants ont rapporté qu’ils avaient pris un congé maladie pendant le mandat actuel à cause de l’environnement au BSGG.»

Vers les médias

«Le fait que les employés n’avaient pas le sentiment d’avoir un endroit où aller avec leurs plaintes rendait l’environnement de travail “vraiment malsain”, au point que les gens se sentaient obligés d’aller voir les médias.»