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La parole libérée

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Lundi, dans ma chronique, je vous parlais de cette vague de dénonciations d’inceste qui déferle en France depuis la parution du livre La familia grande, de Camille Kouchner.

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Je disais que j’espérais qu’un livre semblable soit écrit ici au Québec pour que « les langues se délient » et que « la parole se libère ».

Or, à peine ma chronique publiée, j’ai reçu des témoignages troublants de vraies histoires d’inceste... bien de chez nous.

LEUR PETIT SECRET

Ces témoignages ne sont pas faciles à lire.

Une dame m’écrit : « J’ai été agressée par mon père de 6 ans jusque vers l’âge de 14 ans. Pourquoi s’est-il arrêté, me demanderez-vous ? Tout simplement parce que nous sommes heureusement déménagés dans une maison où la porte de ma chambre se barrait. »

Une lectrice me dit : « Je ne dors plus depuis votre chronique de lundi ; parce que j’ai 57 ans et je suis fatiguée de mon propre silence ; parce que l’inceste a trop occupé ma vie. »

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Une victime d’inceste devenue prof affirme : « Étant enseignante au secondaire, j’en vois encore trop dans une époque où tous les tabous semblent tombés. Que non ! Et j’ai heureusement, pu aider quelques-unes de mes élèves qui m’ont fait confiance ».

Un homme m’a écrit pour me raconter son point de vue sur une histoire d’inceste qui l’a affecté indirectement. Une étudiante l’a accusé (faussement) de l’avoir harcelée. « La mère de la jeune fille avait été victime d’inceste et le grand-père vivait avec eux. La jeune fille était en thérapie avec la psychologue de l’école. Tous les hommes chaleureux étaient dangereux pour elle... »

Mais heureusement, parmi ces témoignages plus sombres, j’ai trouvé aussi des éclats d’humanité.

« La deuxième fois [que j’en ai parlé] fut lorsque je le dis à mon copain, à l’âge de 16 ans. Il en avait 22. Nous sortions ensemble depuis seulement quelques semaines, et quoique nous étions très chastes, il était toujours surpris que je sursaute lorsqu’il me prenait par la taille ou qu’il tentait de m’embrasser. Je lui ai alors dit la vérité. Sa réaction : il voulait aller sacrer une volée à mon père. Pour la première fois, quelqu’un me croyait et surtout, était prêt à me protéger. Et jeudi, ça fera 47 ans que nous sommes ensemble... »

RIEN À VOIR !

Parmi les réactions à mon texte, dans la catégorie « Ils n’ont rien compris », il y a aussi le « doc » Mailloux qui a parlé de ma chronique dans son émission sur YouTube avec Josey Arsenault.

Il a fait un parallèle, pour parler de beaux-pères qui agressent les enfants, entre le beau-père de Camille Kouchner et le cinéaste américain Woody Allen, qui aurait supposément couché avec sa fille adoptive.

Combien de fois faudra-t-il le répéter que :

1- Woody Allen n’était pas le père adoptif de Soon-Yi Prévin (elle a été adoptée par le chef d’orchestre André Prévin et Mia Farrow) ;

2- Woody Allen et Mia Farrow n’habitaient pas ensemble donc il ne peut en aucun cas être considéré comme un « beau-père ».

3- Soon-Yi était majeure au moment où Allen a commencé à coucher avec elle. Elle avait... 22 ans !